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États-Unis : rentrée politique agitée pour le Congrès américain

Le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan (à gauche), lors de la rentrée du Congrès le 3 janvier 2017.
Le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan (à gauche), lors de la rentrée du Congrès le 3 janvier 2017. Win McNamee, AFP

Le Congrès américain issu des élections du 8 novembre a vécu mardi une première séance agitée après un tweet critique du président élu Donald Trump, dénonçant une décision prise en catimini par les élus républicains au sujet d’une réforme éthique.

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Le nouveau Congrès américain a fait sa rentrée politique, mardi 3 janvier, sur un accroc qui révèle les tensions latentes entre le président élu Donald Trump et une partie des élus de son propre camp. Alors que le Grand Old Party, surnom du Parti républicain, dispose d’une forte majorité à la Chambre et au Sénat, ce 115e Congrès s’est ouvert sur un rétropédalage en bonne et due forme au sujet d’une décision visant à rogner les prérogatives du Bureau de la déontologie parlementaire (OCE).

Cette mesure adoptée la veille à huis clos par le groupe républicain a provoqué une de ces sorties virulentes sur Twitter dont le président élu Donald Trump a le secret.

"Avec tout le travail qui attend le Congrès, avaient-ils vraiment besoin de faire de l’affaiblissement de l’office indépendante de supervision de la déontologie, aussi injuste puisse-t-il être, leur première initiative et priorité ?", a écrit mardi matin le futur président des États-Unis.

"Focalisez-vous sur la réforme fiscale, la santé et tant d’autres choses d’une tout autre importance", a-t-il ajouté sur le réseau social.

Créé en 2008 sous majorité démocrate à la suite de plusieurs scandales de corruption, l’Office of Congressional Ethics est un organisme indépendant et bipartisan chargé d’enquêter sur les allégations d’inconduite portées contre des élus, des fonctionnaires ou des assistants parlementaires de la Chambre des représentants.

L’intervention de Donald Trump, tout en révélant les tensions latentes entre le futur président et plusieurs élus de son propres camp, a incité les Républicains à abandonner cette mesure controversée.

Première initiative contre l’Obamacare

Avant même la sortie du président élu, d’autres républicains parmi lesquels des ténors du parti s’étaient émus de l’initiative. Le tweet de Trump a entraîné une réunion de crise. Et le président élu a obtenu gain de cause : la décision a été enterrée, a fait annoncer dans la journée Paul Ryan, par ailleurs réélu président (speaker) de la Chambre des représentants.

Mais ce couac a fait passer au second plan, du moins momentanément, les premiers pas d’une majorité républicaine qui entend bien profiter de son contrôle sur les deux chambres du 115e Congrès des États-Unis pour annuler une partie des réformes du démocrate Barack Obama dans le domaine de la santé, de la finance et de l’environnement.

Au Sénat, le républicain Mike Enzi, élu du Wyoming et président de la commission budgétaire, a déposé une résolution autorisant l’abrogation de l’Obamacare, la réforme de l’assurance maladie qui constitue l’une des principales réalisations d’Obama. La mesure est encore très symbolique et les républicains, qui estiment que le processus pourrait durer des mois, n’ont pas finalisé leur projet de contre-réforme.

"Les gens doivent se souvenir que l’Obamacare ne fonctionne tout simplement pas et qu’elle n’est pas abordable. C’est une santé lamentable", a écrit Trump sur Twitter.

Les démocrates veulent défendre l’héritage

Côté démocrate, on n’entend pas laisser la nouvelle administration défaire cette réforme emblématique de la présidence Obama dont la Maison Blanche dit qu’elle a permis d’assurer 20 millions d’Américains jusque-là privés de couverture maladie. Dès lundi soir, Nancy Pelosi et Steny Hoyer, son numéro deux, ont annoncé le lancement d’une campagne de mobilisation qui mettra l’accent sur les répercussions de son abrogation. "Nous allons lutter comme jamais pour la protéger", a déclaré Steny Hoyer.

Obama a prévu pour sa part de réunir mercredi à la Maison Blanche les parlementaires démocrates pour réfléchir à la stratégie à adopter pour contrer les attaques républicaines.

Outre l’abrogation de la loi santé, les républicains veulent aussi revenir sur la législation visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. Ils veulent aussi lever des garde-fous instaurés dans le monde bancaire par la loi Dodd-Frank après la crise financière de 2008.

Le Sénat doit en outre s’atteler aux audiences de confirmation des personnalités, parfois controversées, choisies par Trump pour constituer le futur gouvernement et la haute fonction publique.

Le sénateur républicain John McCain a prévenu que Rex Tillerson, qui était PDG d’Exxon Mobil avant d’être choisi par le futur président comme chef de la diplomatie américaine, allait devoir s’expliquer sur ses relations avec le président russe Vladimir Poutine. McCain a qualifié ce dernier de voyou et de meurtrier.

De même, les démocrates devraient exprimer leur opposition à la nomination du très conservateur Jeff Sessions au poste d’Attorney General (ministre de la Justice), en raison notamment de ses positions contre l’immigration.

Avec Reuters

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