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Un ex-Premier ministre kosovar, accusé de crimes de guerre, arrêté en France

Pendant le conflit, Ramush Haradinaj dirigeait l'unité baptisée les "Aigles noirs" qui contrôlait une région frontalière de l'Albanie, principale voie d'entrée des armes destinées à l'UCK.
Pendant le conflit, Ramush Haradinaj dirigeait l'unité baptisée les "Aigles noirs" qui contrôlait une région frontalière de l'Albanie, principale voie d'entrée des armes destinées à l'UCK. Armend Nimani, AFP.

L'ex-Premier ministre kosovar Ramush Haradinaj a été arrêté mercredi en France en vertu d'un mandat d'arrêt international émis par la Serbie, qui l'accuse de crimes de guerre. Une demande d'extradition va être examinée.

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L'ex-Premier ministre kosovar Ramush Haradinaj, aujourd'hui responsable de l'opposition kosovare, a été interpellé mercredi 5 janvier à l'aéroport de Bâle-Mulhouse dans l'est de la France, à la demande de la Serbie qui l'accuse de crimes de guerre.

Cet ex-haut responsable de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) durant la guérilla contre les forces de Belgrade entre 1998 et 1999 est accusé par la Serbie d'avoir torturé et assassiné des dizaines de personnes. Pendant le conflit, son unité, les "Aigles noirs", contrôlait une région frontalière de l'Albanie, principale voie d'entrée des armes destinées à l'UCK.

Acquitté deux fois par le TPIY

Premier ministre de décembre 2004 à mars 2005, il avait démissionné après avoir été inculpé par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) pour des crimes contre des civils serbes, mais aussi albanais et roms du Kosovo. Plus haut responsable kosovar jamais poursuivi, il avait été acquitté de 37 chefs d'accusation en 2008, puis une deuxième fois en appel en 2012. Cette décision avait entraîné des manifestations à Belgrade. Le TPIY "a été créé pour juger le peuple serbe", avait dénoncé le président serbe Tomislav Nikolic. Ramush Haradinaj avait été accueilli avec les honneurs militaires et par une foule en liesse à Pristina, à son retour de La Haye.

>> À lire aussi sur France 24 : "Procès Mladic : la perpétuité requise contre le "boucher des Balkans"

Le ministère kosovar des Affaires étrangères a précisé que son arrestation s'était faite en vertu d'un mandat d'arrêt international émis par la Serbie. La justice française doit désormais examiner cette demande. "Nous prenons toutes les mesures pour qu'Haradinaj soit libéré aussi vite que possible", a déclaré à Pristina le ministre kosovar de la Justice Dhurata Hoxha.

La guérilla de 1998-99 s'était achevée par la séparation de la Serbie de cette région majoritairement albanophone, après une campagne de bombardements de l'OTAN sur la Serbie.  Le Kosovo avait déclaré son indépendance en 2008, désormais reconnue par plus de 110 pays, mais toujours pas par Belgrade. Compagnon d'armes d'Hashim Thaçi, l'actuel président, Ramush Haradinaj en est devenu un adversaire politique, s'opposant notamment à toute normalisation des relations avec Belgrade.

Un tribunal international doit être mis en place en 2017 pour juger les crimes commis par les guérilleros kosovars durant la guerre. Parmi ceux susceptibles d'être mis en cause, figure Hashim Thaçi. Le président kosovar apparaissait dans un rapport de 2010 du Conseil de l'Europe sur les exactions présumées commises par des membres de l'UCK sur quelque 500 prisonniers serbes, albanais et roms pendant la guerre.

Avec AFP
 

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