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Déboires judiciaires et financiers pour le Front national

Marine Le Pen, mercredi 4 janvier 2017, lors de ses vœux à la presse, à Paris.
Marine Le Pen, mercredi 4 janvier 2017, lors de ses vœux à la presse, à Paris. Alain Jocard, AFP

Le Front national démarre 2017 en ayant à gérer plusieurs dossiers épineux comme l’ouverture d’une enquête judiciaire dans le dossier des assistants parlementaires européens ou les difficultés à financer sa campagne.

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Si tous les sondages donnent pour le moment Marine Le Pen au deuxième tour de l’élection présidentielle, le début d’année 2017 demeure un peu plus compliqué pour le Front national qui doit faire face à des problèmes judiciaires et financiers.

Le parquet de Paris a décidé d’ouvrir une enquête sur les soupçons de salaires indûment versés à des assistants parlementaires d’élus frontistes au Parlement européen, a appris l’AFP, jeudi 5 janvier, de source judiciaire.

L'information judiciaire a été ouverte le 15 décembre pour abus de confiance et recel, escroqueries en bande organisée, faux et usage de faux et travail dissimulé, a précisé la source. La procédure fait suite à une enquête conduite depuis mars 2015 par le parquet, qui avait été saisi par le Parlement européen.

À cette époque, les soupçons portaient sur les conditions dans lesquelles étaient employés et payés 20 assistants frontistes au Parlement européen, dont les noms apparaissaient aussi en France sur le dernier organigramme du parti. Ces doubles inscriptions laissaient supposer que ces personnes pouvaient être affectées à d'autres tâches que le Parlement tout en étant rémunérées par les fonds européens.

En août 2016, l’Office européen de lutte antifraude (Olaf) a demandé au Parlement européen de recouvrer 339 946 euros auprès de Marine Le Pen elle-même, une somme correspondant aux salaires versés à deux de ses assistants parlementaires.

Le préjudice total concernant les 20 assistants serait estimé à 7,5 millions d’euros, avait révélé Le Monde en mars 2015.

Marine Le Pen toujours en quête de 6 millions d’euros

Cette mauvaise nouvelle s’ajoute aux autres soucis financiers du FN. Toujours selon des informations du Monde, révélées mercredi 4 janvier, l’Agence d’assurance des dépôts bancaires russes (ASV) a lancé une procédure judiciaire pour obtenir le remboursement du prêt de 9 millions d’euros accordé au FN en septembre 2014 par la banque tchéco-russe First-Czech-Russian Bank (FCRB). Cet établissement bancaire a fait faillite en 2016, mais la gestion de la créance est désormais entre les mains de l’ASV.

Pour le trésorier du FN, Wallerand de Saint-Just, cité dans le même article, "il n’y a aucune raison que le contrat bouge" : selon lui, la somme doit être remboursée dans son intégralité en septembre 2019, le FN ne payant en attendant que les intérêts.

>> À lire : La Russie, acteur de la présidentielle française ?

Ces procédures ne pouvaient pas tomber à un plus mauvais moment pour le FN, dont la candidate à la présidentielle, Marine Le Pen, s’apprête à entrer en campagne.

Cette dernière a reconnu sur BFM TV, mardi 3 janvier, qu’il manquait toujours 6 millions d’euros à son parti pour boucler le budget des campagnes présidentielle et législatives, accusant les banques françaises de faire de la politique.

"Si un parti politique est pauvre – c’est le cas du nôtre –, si les banques, pour des raisons qui restent très mystérieuses, refusent de prêter à la campagne présidentielle de Marine Le Pen, alors même qu'elles n'ont aucun risque – nous sommes sûrs d'avoir les 5 % et les parrainages d'élus –, on voit bien qu'il y a un acte politique derrière tout ça", a mis en cause l'eurodéputée d'extrême droite.

Marine Le Pen affirme ainsi être contrainte d’aller chercher de l’argent à l’étranger. "J'ai sollicité des banques européennes, anglaises, américaines, russes bien sûr, etc. La première qui me dit oui, j'accepterai", a-t-elle indiqué.

En attendant, ces déboires financiers lui ont au moins permis de reprendre le contact, même indirectement, avec son père. Comme l'a confirmé le FN le 31 décembre, le microparti de Jean-Marie Le Pen, Cotelec, a en effet consenti un prêt de 6 millions d’euros au FN, dont il reste le président d’honneur contre la volonté de sa fille.

Avec AFP

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