Accéder au contenu principal

Golden Globes : la Française Houda Benyamina à la conquête d’Hollywood avec "Divines"

La réalisatrice française Houda Benyamina, après avoir remporté un prix au festival de Cannes, le 22 mai 2016.
La réalisatrice française Houda Benyamina, après avoir remporté un prix au festival de Cannes, le 22 mai 2016. Loic Venance, AFP

Avec "Divines", la réalisatrice française Houda Benyamina concourt, dimanche, dans la catégorie meilleur film étranger aux Golden Globes. La cinéaste multiplie les prix avec ce film, pour lequel elle a remporté la Caméra d'or au Festival de Cannes.

Publicité

Récompensé par la Caméra d'or à Cannes, acclamé dans de nombreux festivals internationaux, le film "Divines" de la réalisatrice française Houda Benyamina part cette fois à la conquête des États-Unis. La réalisatrice, née dans un quartier populaire de l'Essonne, voit à présent Hollywood lui dérouler le tapis rouge. Elle concourt, dimanche 8 janvier, avec son premier long-métrage pour un Golden Globe dans la catégorie meilleur film étranger.

"Quand on voit d'où on est parti, être là aujourd'hui [...], c'est énorme", raconte la cinéaste, dont le film a été acheté par Netflix. "Je suis très heureuse que ‘Divines’ puisse être vu partout dans le monde. Les Golden Globes, c'est une porte vers un autre public", ajoute-t-elle.

Elle revient sur le parcours du combattant pour monter ce long-métrage, dont le rôle principal, est interprété par sa sœur, Oulaya Amamra. Dans "Divines", la talentueuse comédienne joue Dounia, une jeune femme qui vit avec sa mère dans un campement de Roms et tente avec sa meilleure amie de s'extraire de la misère par tous les moyens.

"Nous n'avions pas de réseau. Mon producteur a dû se battre pour ne serait-ce qu'avoir des rendez-vous avec des chaînes de télé. Quand on écrit un film comme ‘Divines’, on vous voit comme l'énième film de banlieue alors que l'énième film bourgeois ne dérange personne", déplore-t-elle. Et de rappeler, qu'à ses yeux, il s’agit avant-tout d’un film sur "une grande histoire d'amitié, un film sur le droit d'exister, sur le sacré aussi".

"Ça me rappelle quand j'étais gamine, on me voyait avant tout comme une petite fille d'origine maghrébine", dénonce celle dont les médias ont découvert le franc-parler après sa récompense au festival de Cannes.

Des opportunités aux États-Unis

>> À lire sur France 24 : "’Divines’ : les déesses des cités en quête de bling-bling"

"Divines" s'éloigne pourtant des stéréotypes du "film de banlieue". Dounia y tombe amoureuse d'un danseur, qu'elle regarde répéter des heures durant cachée dans un théâtre. "J'avais envie que quelque chose symbolise ma recherche sur la spiritualité, d'une ouverture vers la poésie comme dans ma vie le cinéma l'a été, quelque chose dans lequel ma colère a pu se transcender" raconte Houda Benyamina.

Depuis sa nomination aux Golden Globes et surtout l'obtention de la Caméra d'Or, les opportunités se multiplient pour la cinéaste française. "Je lis des scripts. Ici les gens sont très curieux, à l'affût des talents. Après, je suis plutôt quelqu'un qui garde la tête froide. Je ne ferai les choses que si je ressens une vraie nécessité à les tourner", annonce-t-elle.

Les pionnières de 1000 Visages au top de leur forme avec le Q d'Or.

Une photo publiée par 1000 VISAGES (@1000visages) le

En ce moment, Houda Benyamina écrit son prochain long-métrage, "une très grande histoire d'amour avec un fond politique, qui se passera pendant une guerre". Son second film devrait comprendre au générique un acteur américain.

 

Un cinéma tricolore en manque de diversité

Un an après l'aventure hollywoodienne d'une autre jeune cinéaste, la Franco-Turque Deniz Gamze Erguven, réalisatrice de "Mustang", Houda Benyamina estime pourtant que le cinéma tricolore n'est guère plus ouvert aux minorités que celui des États-Unis, où la polémique "Oscars so white" secoue l'industrie depuis plusieurs années.

"Citez-moi les films avec de la diversité ? Il y a 300 films par an faits en France. Vous pouvez m'en citer dix, allez 20. Et on trouve ça énorme. Donnez-moi une réalisatrice issue de la diversité ? Il n’y en a pas", assure-t-elle, estimant qu’elle représente "l'arbre qui cache la forêt".

Pour y remédier, Houda Benyamina n’a pas attendu que les producteurs français se réveillent. Elle a fondé l'association 1000 Visages qui développe l'accès à la culture dans les quartiers défavorisés et la mixité dans le cinéma. Éducation à l’image, aide à l’écriture de longs métrages, ou encore initiation à la réalisation et postproduction font partie des missions de son association qui est déjà en train de former une nouvelle génération prête à prendre la relève.

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.