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Israël enterre ses quatre soldats tués dans l'attaque au camion à Jérusalem

Le cercueil d'un des quatre soldats tués lors d'une attaque au camion bélier à Jérusalem, le 9 janvier 2017.
Le cercueil d'un des quatre soldats tués lors d'une attaque au camion bélier à Jérusalem, le 9 janvier 2017. Jack Guez, AFP

Au lendemain de l'attaque au camion bélier qui a tué quatre soldats et fait 17 blessés à Jérusalem, des centaines d'Israéliens ont rendu hommage aux victimes. L'ONU a appelé à poursuivre les efforts de paix.

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Des centaines d'Israéliens ont enterré, lundi 9 janvier, les quatre soldats tués la veille à Jérusalem dans l'une des attaques les plus meurtrières des derniers mois, qui confirme la persistance des tensions israélo-palestiniennes malgré une récente accalmie.

La dépouille du lieutenant Shir Hadjaj, dans un cercueil recouvert du drapeau à l'étoile de David, a été mise en terre parmi les hurlements de douleur des membres de sa famille et au milieu de centaines de soldats de son unité et de proches rassemblés dans le froid au cimetière du Mont Herzl à Jérusalem.

"On pensait que tu ferais la une des journaux pour un prix ou une invention. Mais, à la place aujourd'hui, dans les journaux, il y avait une bougie du souvenir pour toi", a dit auprès de sa tombe l'une de ses sœurs en faisant référence au rituel juif consistant à allumer une bougie en mémoire des morts.

La détresse a empêché la mère de Shir Hadjaj d'adresser une dernière fois la moindre parole à sa fille disparue à 22 ans. La veille, elle avait, selon la presse, envoyé un ultime message sur le téléphone de sa fille : "Ma chérie, ma vie, parle-moi s'il-te-plaît".

Alarmée par les informations, elle ignorait encore que Shir Hadjaj, deux autres soldates, Shira Tzour et Yaël Yekoutiel, 20 ans, et un soldat, Erez Auerbach, 20 ans, avaient été fauchés par le camion lancé par le Palestinien Fadi al-Qunbar contre un groupe de soldats israéliens en excursion sur l'un des points de vue les plus saisissants sur Jérusalem. Dix-sept soldats ont été blessés. Fadi al-Qunbar a été abattu sur place.

Une série de mesures répressives

Les soldats sont les premiers Israéliens tués depuis le 9 octobre dans une succession d'attaques palestiniennes qui, quasiment quotidiennes pendant des mois, se sont espacées en 2016, sans s'arrêter.

Les autorités israéliennes ont répondu à cet attentat comme aux autres par une série de mesures répressives. La police a indiqué avoir arrêté neuf personnes, dont cinq membres de la famille de Fadi al-Qunbar, peu après l'attentat.

Cette famille se préparait à quitter sa maison, promise à la démolition punitive par Israël, a indiqué un cousin à l'AFP. En attendant, les forces de sécurité israéliennes ont détruit lundi la tente dressée traditionnellement pour le deuil devant chez lui, tout près du lieu de l'attaque, à Jérusalem-Est — partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée par Israël —, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Les autorités israéliennes ont décidé de ne pas restituer le corps de Fadi al-Qunbar à sa famille, autre mesure punitive fréquente.

Israël a par ailleurs décidé d'emprisonner sans procès ni détention toute personne qui s'identifierait avec le groupe État islamique (EI), a indiqué un officiel sous le couvert de l'anonymat.

La question des liens avec l'EI

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a affirmé dimanche que Fadi al-Qunbar était un sympathisant du groupe jihadiste.

Fadi al-Qunbar était certes religieux, comme toute la famille, "mais rien dans sa vie ne dit qu'il faisait partie de l'EI. Il n'a jamais pris contact avec l'EI et ne connaissait pas l'EI", a assuré son cousin Mohammad.

Le chef du gouvernement n'a pas précisé sur quels éléments il se fondait. Il s'est employé ces derniers mois à inscrire les centaines d'attaques palestiniennes dans la même perspective que les attentats jihadistes, comme ceux commis en France ou en Allemagne.

Depuis le 1er octobre 2015, les violences dans les Territoires palestiniens et en Israël ont coûté la vie à 247 Palestiniens, 40 Israéliens, deux Américains, un Jordanien, un Érythréen et un Soudanais, selon un décompte de l'AFP. La plupart des Palestiniens tués sont des auteurs ou auteurs présumés d'attaques anti-israéliennes, souvent commises par des jeunes isolés.

Ces attaques sont attribuées par maints experts aux vexations de l'occupation israélienne qui dure depuis près d'un demi-siècle, à l'absence de toute perspective proche d'indépendance, aux frustrations économiques et aux dissensions interpalestiniennes. Les difficultés personnelles des assaillants entrent souvent en ligne de compte.

Le nouveau secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a condamné l'attaque de Jérusalem mais prévenu qu'elle ne devait pas décourager les efforts de relance des pourparlers de paix. "La violence et le terrorisme n'apporteront pas de solution au conflit israélo-palestinien, au contraire (...) Ces actes ne devraient pas décourager les nouveaux engagements en faveur d'un dialogue" entre Palestiniens et Israéliens, a-t-il affirmé.

Avec AFP

 

 

 

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