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Bruxelles valide, sous conditions, le plan de sauvetage d'Areva par la France

Les deux réacteurs de troisième génération construits par Areva à Flamanville.
Les deux réacteurs de troisième génération construits par Areva à Flamanville. Charly Triballeau, AFP

La Commission européenne a donné son feu vert au plan de recapitalisation d'Areva par l'État français. Le spécialiste français du nucléaire a demandé une suspension du cours de son action pour éviter les mouvements spéculatifs.

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C'est un "oui, mais..." que Bruxelles a adressé à Paris dans le très épineux dossier du sauvetage d'Areva. La Commission européenne a donné, mardi 10 janvier, son feu vert sous conditions au plan de refinancement du géant français du nucléaire qui croule sous les dettes et tente de se recentrer sur la gestion du combustible nucléaire (comme l'extraction d'uranium et la fabrication du fuel).

Cette très attendue décision européenne intervient quelques heures après qu'Areva a demandé la suspension de sa cotation en Bourse pour "éviter tout mouvement spéculatif". Même après l'annonce de Bruxelles, le groupe a demandé que la suspension soit maintenue "dans l'attente d'un nouveau communiqué".

"Nouvelle étape dans la restructuration"

Le feu vert de la Commission européenne implique que l'État français, actionnaire à 85 % d'Areva, peut avancer 4,5 milliards d'euros sur les 5 milliards nécessaires à la recapitalisation du groupe. L'autorité européenne ne considère pas qu'il s'agit d'une aide publique illégale. Le reste de l'argent doit provenir des Japonais Mitsubishi et JNFL.

"Nous venons de franchir une nouvelle étape dans la restructuration du groupe. Nous continuons à travailler avec détermination à la mise en place du 'nouvel Areva'", a réagi une porte-parole du groupe français interrogée par Reuters. C'est surtout un feu vert crucial : Areva ne pouvait faire face seul aux sept milliards d'euros de dette à rembourser. Sans l'accord de la Commission européenne, l'avenir du géant du nucléaire était sérieusement compromis.

L'Autorité de la sécurité nucléaire décisive

Mais le tour n'est pas encore joué. La Commission européenne a conditionné son accord à deux points qui peuvent encore poser problème. Areva doit, tout d'abord, obtenir le feu vert de l'Autorité de la sécurité nucléaire (ASN) au sujet de la conformité de la cuve de l'EPR (réacteur de troisième génération) en construction à Flamanville. L'ASN est censée rendre son rapport dans les mois qui viennent. Deuxième hic : Bruxelles attend que le rachat des activités réacteurs d'Areva par EDF soit validé. Mais le géant de l'électricité a, lui-même, conditionné son offre à un feu vert de l'ASN.

Les opérations de recapitalisation ne peuvent donc pas débuter avant que cette autorité ne publie ses conclusions. En attendant, pour sortir Areva de l'ornière financière, l'État a consenti au groupe un prêt d'actionnaire de 3,3 milliards d'euros, également approuvé par Bruxelles. Le feuilleton Areva pourra donc encore connaître des rebondissements.

Avec AFP et Reuters
 

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