Accéder au contenu principal

Abd Al Malik dans "The Birth of a Nation" : "La religion est la chose la plus facile à détourner"

Mashable FR

Après huit ans de travail, Nate Parker porte à l'écran l'histoire vraie de Nat Turner dans "The Birth of a Nation". Abd Al Malik prête sa voix à la version française de ce film fort sur l'esclavage et l'instrumentalisation de la religion.

Publicité

En 1831, Nat Turner, esclave afro-américain et prédicateur de 31 ans, fomente une rébellion armée contre les maîtres du comté de Southampton en Virginie, aux États-Unis. Cette révolte sanglante fera une soixantaine de morts parmi les propriétaires blancs, et plus encore parmi les esclaves frondeurs. Nat Turner, instigateur de cette première insurrection des esclaves noirs américains, sera pendu en place publique quelques semaines plus tard.

VOIR AUSSI : Après Harvard, Oxford veut à son tour (re)colorer son histoire

Abd Al Malik prête sa voix à cet homme-là, dans la version française du film "The Birth of a Nation", au cinéma le 11 janvier. Écrit, produit, réalisé et incarné par Nate Parker, le film retrace toute la vie de ce personnage marquant de l’Histoire américaine pourtant rarement évoqué dans les classes et les livres scolaires.

"Un devoir de mémoire"

"Avec ce film, Nate Parker fait à la fois un travail de cinéaste et un devoir de mémoire", raconte Abd Al Malik à Mashable FR. "C’est une œuvre qui challenge notre intelligence et qui nous fait dire : OK, on parle d’une histoire précise liée à l’esclavagisme, mais c’est aussi une métaphore de la communauté humaine qui questionne nos idéaux et notre époque aujourd’hui".

"Le film est une claque"

Bousculer les spectateurs et déclencher le débat : voilà la principale raison pour laquelle le rappeur et écrivain de 41 ans a accepté de donner de la voix pour ce projet. "Le film est une claque. Et ce qui est triste, c’est qu’il ne nous bouscule pas avec des choses incroyables et fantastiques, mais avec des choses qui se sont vraiment passées. L’horreur qu’on peut voir dans le film, elle est réelle", explique Abd Al Malik lorsqu’on l’interroge sur les scènes du film extrêmement violentes – mais puissantes et nécessaires.

L'instrumentalisation de la religion

Autre sujet omniprésent de "The Birth of a Nation" : l’instrumentalisation de la religion. Prédicateur écouté, Nat Turner a été forcé par son maître à convaincre d’autres esclaves du bien-fondé de l’esclavagisme, le tout à renfort de passages de la Bible. Avant de faire du même livre le bras armé de sa révolte.

200 ans plus tard en France, c’est cette même problématique de l’instrumentalisation de la religion qui a poussé Abd Al Malik à parler de sa foi à maintes reprises dans les médias : "De tous temps, les gens ont utilisé et instrumentalisé la religion. Ce film nous dit le danger et les précautions qu’il faut prendre aujourd’hui. La religion est la chose la plus facile à détourner pour manipuler des êtres. Et c’est ça qui amène l’extrémisme et le terrorisme".

Retrouvez notre interview vidéo d’Abd Al Malik en tête de l’article.

Images : Lhadi Messaouden.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.