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Un rapport relativise l’impact des robots sur l’emploi en plein débat sur le revenu universel

Le Conseil d'orientation pour l'emploi évalue à moins de 10 % le nombre d'emplois directement menacés par l'automatisation.
Le Conseil d'orientation pour l'emploi évalue à moins de 10 % le nombre d'emplois directement menacés par l'automatisation. iStock

Le Conseil d’orientation pour l’emploi publie un long rapport qui conclut que seuls 10 % des emplois en France sont menacés par l’automatisation. Un document qui tombe à pic pour les détracteurs du revenu universel.

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Les robots ne menacent pas la moitié des emplois, ni 42 % et pas même 15 %, comme l'ont suggéré plusieurs études. Pour le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE), une instance d’expertise rattaché aux services du Premier ministre, ce sont "seulement" moins de 10 % des emplois en France qui sont en danger à cause de l’automatisation de l’économie.

Dans un rapport de 194 pages publié jeudi 12 janvier, le COE se démarque sensiblement de plusieurs études alarmistes parues ces dernières années. La principale, publiée en 2013 par deux économistes de l’Université d’Oxford, prévoit la disparition de 50 % des emplois aux États-Unis. Même en France, un document du cabinet de conseil Roland Berger de 2014 estime que dans 10 à 15 ans environ 42 % des emplois sont menacés tandis que l’an dernier, le Commissariat général à la stratégie et à la prospective du gouvernement misait plutôt sur 15 %.

Diplômes vs robots

Le Conseil d’orientation pour l’emploi se présente ainsi comme la voix de la pondération face au fantasme des armées de robots destructeurs du travail salarié. “Les études prospectives existantes cherchent à mesurer les destructions brutes d’emplois et ne prennent pas en compte les créations d’emplois - directes ou indirectes - liées au numérique et ne permettent pas d’estimer l’effet global net sur le niveau de l’emploi”, assurent les auteurs du rapport.

Pour eux, “seul une faible part des emplois a un indice d’automatisation élevé”. Les tâches les plus en danger sont les agents d’entretiens, les ouvriers qualifiés ou non ou encore les conducteurs de véhicules et les aides à domicile. Conclusion : la formation et les diplômes sont les armes ultimes contre la robotisation.

Les études supérieures, en revanche, ne protègent pas d’une transformation de son travail. Le COE juge qu’environ 50 % des emplois vont muter sous l’influence de l’intelligence artificielle et de l’automatisation. Aucun secteur n’est alors vraiment protégé, même si les emplois les moins qualifiés dans le domaine du service (hôtellerie, vendeurs, restauration) sont les plus exposés.

Surtout, cet organisme qui dépend de Matignon souligne l’impact positif, sans pouvoir le chiffrer, que la numérisation de l’économie peut avoir sur les créations d’emploi. “Parmi les 149 nouveaux métiers apparus depuis 2010, 105 appartiennent au domaine du numérique”, soulignent les auteurs du document.

Timing politique

Ces conclusions rassurantes ne pouvaient pas mieux tomber pour certains candidats à la primaire de la gauche. L’ex-Premier ministre Manuel Valls, Arnaud Montebourg ou encore Vincent Peillon peuvent remercier le COE. La menace que l’automatisation fait planer sur le travail est en effet le principal argument avancé par Benoît Hamon et Jean-Luc Bennahmias pour défendre la mise en place d’un revenu universel, qui est devenu le sujet économique porteur du moment. À leurs yeux, garantir que chaque français touche une somme décente est essentiel pour préparer la société post-travail qui se dessinerait à cause de l’automatisation.

Mais l’argument fonctionne mieux si l'on brandi la menace de la disparition, à terme, de la moitié des emplois. Il devient beaucoup moins fort lorsqu’il ne concerne "que" moins de 10 % des emplois en France.

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