Accéder au contenu principal

Le débat vu par des Français : Elle votera Hamon, lui hésite encore

Benoît Hamon, candidat à la primaire de la gauche, le 15 janvier.
Benoît Hamon, candidat à la primaire de la gauche, le 15 janvier. Bertrand Guay, AFP

Socialistes de cœur, Nadia et Olivier ne sont plus sur la même longueur d’onde : ils ne voteront pas pour le même candidat à la primaire de la gauche… Le couple a accepté de suivre le débat ensemble. France 24 a recueilli leurs réactions à chaud.

Publicité

Ils ont regardé le deuxième débat de la primaire de la gauche, dimanche 15 janvier, installés confortablement dans le canapé rouge de leur salon. Pourtant, depuis une semaine, les échanges sont plutôt houleux dans leur maison d’Orthevielle, un petit village niché entre les Landes et le Pays basque (sud-ouest). “On s’écharpe parce qu’on ne soutient pas du tout le même candidat, s’amuse Olivier, logisticien de 40 ans dans une entreprise de travaux publics. Je ne sais pas comment ça va finir d’ici le premier tour [le 22 janvier, NDLR]”.

>> À lire : Les candidats divisés sur la questions des réfugiés et du cannabis

Son épouse Nadia, 41 ans, est catégorique : ce sera Benoît Hamon. “J’aime son idée d’une société où l’accomplissement n’est pas dans le travail”, explique-t-elle. La directrice de crèche plébiscite aussi la proposition de l’ancien ministre de l’Éducation de créer un service public de la petite enfance afin d’aider les parents à faire garder leurs enfants. Pour Olivier, voter Hamon est impossible : “L’idée du revenu universel évoqué lors du premier débat est complètement irréalisable”, rétorque-t-il. Pour le moment, il n’a pas encore arrêté son choix. Même si Emmanuel Macron le séduit car il est "connecté au monde de l’entreprise, soucieux de préserver l’emploi, notamment dans les petites communes, mais est aussi concerné par l'éducation”.

"Montebourg, donneur de leçons"

Alors quand, dès les premières minutes du débat, Arnaud Montebourg propose de taxer les entreprises étrangères en France, Olivier en quête de “son” candidat tend une oreille attentive. Mais Nadia dégaine aussitôt : “Il donne des leçons alors qu’il a été ministre du Redressement productif et qu’il n’a pas réussi à préserver les hauts fourneaux d’Arcelor Mittal à Florange [qui ont fermé en avril 2013 après un long bras de fer entre le gouvernement et les dirigeants indiens du géant de l’acier].”

Olivier est également captivé quand le candidat du "Made in France" reproche au gouvernement de ne pas avoir réformé la directive européenne concernant les salariés détachés, adoptée en 1996. “Montebourg a raison : il faut agir pour préserver les emplois !”, lance-t-il. Mais Nadia coupe net tout enthousiasme. “Il me déçoit beaucoup dans ce débat. Pour un frondeur, il est un peu trop raisonnable”, note-t-elle.

"Les idées de Hamon rythment les débats"

En revanche, la mère de famille se réjouit de voir qu’une fois encore, les idées de Benoît Hamon orientent les débats. “La dernière fois, le thème du revenu universel avait rythmé les échanges, aujourd’hui, c’est le visa humanitaire”, se félicite la socialiste convaincue. “Enfin quelqu’un qui remet les droits de l’Homme au cœur des idées de gauche”, ajoute-t-elle, avant d’applaudir la proposition de son candidat d’aider à hauteur de 0,7 % du PIB les pays du Sahel. “C’est une vraie politique globale sur l’immigration”, poursuit-elle, en taclant au passage Manuel Valls : “Il est vraiment trop réactionnaire en utilisant la peur comme réponse”.

Olivier la rejoint pour critiquer l’ancien Premier ministre : “Il essaie d’utiliser sa fonction pour asseoir son autorité, surenchérit-il. Il mise sur la bonne volonté des Français pour accueillir les migrants, mais ce n’est pas comme cela qu’on fait une politique migratoire !”

Pour la légalisation du cannabis, Nadia approuve encore une fois la position adoptée par son candidat. “Et Valls est, encore une fois, réactionnaire !”. Olivier, lui, n’en fera pas un enjeu décisif. “Sur le fond, je suis pour mais j’espère quand même qu'ils ne vont pas passer un quart d’heure dessus...”

"De Rugy, posé, clair et cohérent"

Au fur et à mesure des thèmes abordés, le père de famille semble intéressé par les propositions pragmatiques de François de Rugy. Le candidat écologiste veut lutter contre les passeurs, financer les travaux énergétiques, et prône le non cumul des mandats. “Il est moins dans la proposition choc des autres candidats ; il paraît plus posé, cohérent et clair”, analyse Olivier. En matière d'éducation, le député de Loire-Atlantique suggère une meilleure rémunération des enseignants. “Il me plaît bien !”, confirme-t-il. Nadia acquiesce.

Vient ensuite le tour de Benoît Hamon, qui propose de créer six fois plus d’emplois par le biais des énergies renouvelables et de passer à 50 % d’énergies renouvelables d’ici 2025. “C’est un bon départ. J’adhère !”, s’enflamme Nadia.

Et Jean-Luc Bennahmias dans tout ça ? “Il semble avoir du fond sur l’environnement, ainsi que sur l’école. Il est conscient des difficultés rencontrées au collège, des problèmes d’orientation et du décrochage scolaire... Mais il est mis à mal par les journalistes qui sont partiaux”, constate le couple.

Vers la fin du débat, Nadia jubile : “Hamon est clairement le candidat qui incarne le mieux les valeurs de la gauche et c’est surtout le seul qui est en mesure de rassembler de Jean-Luc Mélenchon jusqu’au centre”. Olivier, lui, plus mesuré, a peut-être choisi son candidat, mais garde toujours en tête... Emmanuel Macron.

NewsletterNe manquez rien de l'actualité internationale

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.