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Parlement européen : une lutte inédite pour la course à la présidence

Martin Schulz a renoncé à se présenter pour se consacrer à la politique de son pays, l'Allemagne.
Martin Schulz a renoncé à se présenter pour se consacrer à la politique de son pays, l'Allemagne. Thierry Charlier, AFP

Les 751 eurodéputés doivent choisir mardi un successeur au président de l’institution, Martin Schulz. L'issue du scrutin est incertaine. Les votes des europhobes et de l'extrême droite pourraient faire la différence.

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Personnage médiatique et volubile au parcours atypique, redoutable homme politique, le président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz, cède sa place. Il a renoncé à se représenter après cinq ans à la tête de l'institution, pour se consacrer à la politique de son pays. Réunis à Strasbourg, les 751 eurodéputés choisiront mardi 17 janvier, à bulletins secrets, son successeur à ce poste-clé de l'Union européenne, que se partageaient jusqu'ici les grands partis pro-européens, unis contre les europhobes.

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Depuis 1979, le parti de droite et centre-droit (le PPE, le groupe politique comptant le plus d'eurodéputés) et les sociaux-démocrates, étaient toujours parvenus à un accord pour se partager le pouvoir, sauf lors de la législature de 1999-2004, quand le PPE s'était entendu avec les Libéraux. Mais cette fois-ci, cette belle entente a volé en éclats, rendant impossible toute prédiction sur l'issue du scrutin, où les votes des europhobes et de l'extrême droite pourraient faire la différence.

Les sociaux-démocrates ont en effet décidé de se lancer dans la course, représentés par l’Italien Gianni Pittella. Tout comme les libéraux qui ont désigné comme candidat l'ex-Premier ministre belge, Guy Verhofstadt. Le PPE a pour sa part choisi l'Italien Antonio Tajani, un ancien commissaire européen, membre fondateur de Forza Italia et ancien porte-parole de Silvio Berlusconi.

Révolté par le non respect de cet accord pour se départager le pouvoir, le président du groupe PPE, l'Allemand Manfred Weber, a fustigé ses "partenaires" d'hier. "Tous ceux qui ne s'en tiennent plus à cet accord sont responsables de l'influence croissante des populistes dans cette maison", a-t-il dénoncé.

"Temps troublés"

Des accusations que réfutent ses nouveaux adversaires. Gianni Pittella a justifié sa candidature par le fait que l'Europe a besoin de la gauche "pour mettre fin à l'austérité aveugle".  Quant à Guy Verhofstadt, chantre du fédéralisme européen et actuel référent au Parlement européen pour les négociations sur le Brexit, il estime pouvoir être "l'un des visionnaires, médiateurs", dont l'Europe, "menacée par des nationalistes et des populistes, a besoin en ces temps troublés". Tous les deux s'inquiètent par ailleurs du règne sans partage du PPE sur les trois institutions européennes si ce parti obtenait la présidence du Parlement. La droite tient déjà les rênes de la Commission européenne, avec le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, et ceux du Conseil avec le Polonais Donald Tusk.

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Selon des sources parlementaires, la course à la présidence du Parlement européen pourrait justement servir aux sociaux-démocrates à poser des jalons pour revendiquer, en cas d'échec, le poste occupé par Donald Tusk, nommé en décembre 2014 pour deux ans et demi à la tête du Conseil.

Seront également présents au premier tour du scrutin mardi : la Belge Helga Stevens, du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (où siègent notamment les Tories pro-Brexit); l'Italienne Eleonora Forenza de la gauche radicale ; la Verte britannique Jean Lambert et enfin le Roumain Laurentiu Rebega, soutenu par les europhobes du groupe Europe des Nations et des Libertés, que co-préside Marine Le Pen.

Élu pour deux ans et demi (un terme renouvelable), soit la moitié de la législature de cinq ans, le président du Parlement dirige le seul organe de l'UE directement élu par les citoyens, qui se partage le pouvoir législatif avec le Conseil, représentant lui les États.

Avec AFP
 

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