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Primaire de la gauche : Hamon ciblé et Macron dénigré lors du troisième débat

Les candidats à la primaire de la gauche posent pour une séance photo avant de s'affronter pour un troisième et dernier débat, jeudi 19 janvier 2017.
Les candidats à la primaire de la gauche posent pour une séance photo avant de s'affronter pour un troisième et dernier débat, jeudi 19 janvier 2017. Éric Feferberg, AFP

Les sept candidats à la primaire de la gauche ont débattu une dernière fois, jeudi soir, avant le premier tour du dimanche 22 janvier. Benoît Hamon a été particulièrement attaqué par ses concurrents sur sa proposition de revenu universel.

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À trois jours du premier tour de la primaire de la gauche organisée par le Parti socialiste, le troisième et dernier débat télévisé entre les sept candidats, jeudi 19 janvier, a donné lieu à de vives attaques contre l'homme qui monte, Benoît Hamon. Tous les candidats, en revanche, étaient unis pour dénigrer la candidature d'Emmanuel Macron.

>> À lire : Les Twittos jugent les candidats

  •  Le revenu universel de Hamon pris pour cible

Benoît Hamon, qui paye sans doute sa bonne dynamique dans les sondages, a vu d'emblée sa proposition phare, le revenu universel d'existence, ciblée par plusieurs de ses concurrents, notamment pour son coût jugé démesuré.

Manuel Valls, recentrant sa campagne après un début très à gauche qui a brouillé son image, a notamment dit ne pas vouloir d'une "gauche qui fait des promesses à crédit pour ne pas qu'elle perde demain son crédit".

Vincent Peillon a quant à lui critiqué "une gauche qui se rend compte qu'elle a fait beaucoup de promesses qu'elle ne pourra pas tenir" et qui finit par modifier ses positions. Il a également alerté sur une mesure "qui remettrait en cause toutes les autres protections sociales et tous les filets de sécurité".

Mais le coup fatal est sans doute venu de celui qui se sent le plus menacé par Benoît Hamon : Arnaud Montebourg. Donné dans les sondages au coude-à-coude pour une qualification au deuxième tour avec l'ancien ministre de l'Éducation nationale, le chantre du "Made in France" a ainsi renchéri : "300 milliards [le coût du revenu universel], c'est "l'équivalent du budget de l'État actuellement." Et pour le financer, "on sait comment, dans notre famille politique, on raisonne, on dit qu'on va prendre d'abord aux riches, et finalement, quand on s'aperçoit que ça ne suffit pas, c'est le coup de bambou fiscal pour les classes moyennes et les classes populaires", a-t-il poursuivi, s'attirant une réplique outrée de Benoît Hamon: "Tu n'as pas le droit, ce n'est pas sérieux".

Il n'y avait finalement que Jean-Luc Bennahmias pour venir en aide à Benoît Hamon sur le sujet : "Benoît, ne te décourage pas. C'est la seule idée nouvelle qu'on ait eue depuis des années", a affirmé l'ancien des Verts et du MoDem.

  •  Les escarmouches entre Valls et Peillon

L’émission a donné lieu à quelques passes d’armes entre Manuel Valls et Vincent Peillon. "Il ne faut pas faire la guerre tout le temps et à tout le monde", a ainsi lancé l’ancien ministre de l’Éducation à celui qui a qualifié lundi de "déclaration de guerre" les propos de Donald Trump sur l'Europe. "Vincent Peillon me rappelle parfois mon vieux professeur", s'est agacé l'ex-Premier ministre. Peillon lui rétorquant : "Le mot 'professeur' n'est pas disqualifiant [ni péjoratif]".

Plus tôt, Vincent Peillon ayant rendu hommage au bilan de François Hollande en matière de déficit, Manuel Valls lui rappelle que c'était lui le Premier ministre. "Je suis obligé de dire quand même que le plus dur a été fait avant ton arrivée", s’est vu répondre l’ancien Premier ministre par Peillon.

  •  Front anti-Macron

Emmanuel Macron n'est pas candidat à cette primaire de la gauche et pourtant, son nom revient sans cesse. Après le haro sur Benoît Hamon en début d’émission, un front anti-Macron a en effet scellé l'union des candidats à la fin du débat.

>> À voir sur France 24 : "Gauche, quelle recomposition ?"

Interrogé sur la possibilité d’un retrait du vainqueur de la primaire de la gauche au profit d’Emmanuel Macron, Benoît Hamon a répliqué : "Il nous opposera les sondages, moi je lui opposerai la légitimité d'un suffrage démocratique". Le député des Yvelines a aussi comparé la méthode Macron "aux vielles recettes de Schröder et Blair il y a vingt ans".

Reprenant à son compte le mot de Martine Aubry sur François Hollande lors de la primaire socialiste en 2011, Arnaud Montebourg a pointé les ambiguïtés du candidat Macron [éloges à Philippe de Villiers, à François Mitterrand, puis à Valéry Giscard d'Estaing, recevoir le soutien de Jean-Pierre Raffarin] : "Comme disait quelqu'un : 'Quand c'est flou, il y a un loup'".

Manuel Valls a, lui, fustigé "des forces politiques, des forces de presse, qui veulent empêcher que cette primaire se passe dans de bonnes conditions". "Le vrai courage d'Emmanuel Macron aurait été de participer à cette primaire", a, de son côté, jugé Sylvia Pinel.

>> Revivez le troisième débat de la primaire de la gauche :

 

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