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La Gambie toujours dans l’incertitude, le président élu Barrow prêtera serment à Dakar

Le président élu de Gambie Adama Barrow, entouré de ses soutiens, le 13 décembre 2016, dans un hôtel de Banjul, en Gambie.
Le président élu de Gambie Adama Barrow, entouré de ses soutiens, le 13 décembre 2016, dans un hôtel de Banjul, en Gambie. Seyllou, AFP

La Gambie est toujours dans une situation incertaine jeudi alors que le président élu Adama Barrow doit être investi ce jour. La cérémonie aura lieu à l'ambassade de Gambie, à Dakar, au Sénégal.

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"J’aimerais vous annoncer que la cérémonie d’investiture se tiendra à l’ambassade de Gambie, à Dakar, au Sénégal". Sur son compte Twitter, jeudi 19 janvier, le président élu de Gambie, Adama Barrow, ne le cache pas : la situation en dans le pays ne permet pas que la cérémonie de son investiture s’y tienne.

Son porte-parole a confirmé quelques instants plus tard que la cérémonie se tiendrait à 16 heures GMT (17 heures, heure française) à l'ambassade gambienne de Dakar. La plupart des grands quotidiens sénégalais titraient jeudi sur l'investiture d'Adama Barrow.

Yahya Jammeh n’avait toujours pas quitté le pouvoir jeudi malgré la fin officielle de son mandat. Une intervention de troupes ouest-africaines, après d'ultimes efforts de médiation de la Mauritanie aux résultats encore incertains, semblait imminente.

Jeudi matin, le calme semblait prévaloir à Banjul, malgré les survols d'hélicoptères et les patrouilles de la police dans les rues de la capitale gambienne.

Abandonné par plusieurs de ses ministres et son vice-président, Isatou Njie Saidy, Yahya Jammeh a décrété mardi, pour quatre-vingt-dix jours, l'état d'urgence avec l'approbation de l'Assemblée nationale, dominée par son parti.

Yahya Jammeh, arrivé au pouvoir à 29 ans en 1994, conteste la victoire d'Adama Barrow à l'élection présidentielle du 1er décembre – après l'avoir dans un premier temps reconnue – et soutient qu'il demeurera en place tant que la justice n'aura pas statué sur ses recours déposés depuis décembre.

>> À lire sur France 24 : "Gambie : Yahya Jammeh, dictateur et fier de l’être"

Il est demeuré sourd à la pression de plusieurs pays, institutions et organisations dont la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Négociations mauritaniennes

Mercredi, le président mauritanien Mohamed Abdel Aziz a fait une irruption surprise dans le dossier gambien avec une proposition de sortie de crise, dont on ignore les détails. Il s'est rendu à Banjul, où il a rencontré "en tête à tête" Yahya Jammeh puis Ousainou Darboe, chef historique de l'opposition à Yahya Jammeh. Puis il a gagné Dakar, où il s'est entretenu avec le président sénégalais Macky Sall, mais aussi Adama Barrow, avant de retourner en Mauritanie.

Le président Aziz "est moins pessimiste à l'issue de ses contacts à Banjul et à Dakar, [il] va continuer jeudi ses contacts avec ses interlocuteurs", a indiqué à l'AFP à Nouakchott une source officielle proche du dossier. "Il a réussi pour le moment à obtenir un apaisement au plan militaire", a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Des troupes de plusieurs pays membres de la Cédéao – dont le Sénégal, unique voisin terrestre de la Gambie, et le Nigeria, poids lourd régional – se tenaient prêtes à intervenir en Gambie à partir du Sénégal et cette éventualité demeurait d'actualité, a indiqué jeudi à l'AFP une source militaire sénégalaise.

Le Conseil de sécurité de l'ONU va voter jeudi sur un projet de résolution en faveur d'une intervention militaire de la Cédéao en Gambie pour y assurer la passation de pouvoir, selon des diplomates.

Tard, mercredi soir, le chef de l'armée gambienne, le général Ousman Badjie, a déclaré à des ressortissants étrangers dans un secteur touristique près de Banjul, que ses hommes ne se battraient pas si les troupes africaines intervenaient dans son pays.

"Nous n'allons pas nous impliquer militairement. Ceci est une dispute politique, a-t-il déclaré, je ne vais pas impliquer mes soldats dans un combat stupide. J'aime mes hommes".

Avec AFP et Reuters

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