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Pour ce 3e débat, la sphère féministe se paye les candidats de la primaire de gauche

© Éric Feferberg/AFP

Texte par Aude LORRIAUX

Dernière modification : 20/01/2017

Le dernier débat de ces "primaires citoyennes" a révélé des lacunes sur le thème de l'égalité femmes-hommes. Expressions maladroites, interruptions de la candidate du Parti radical... Seul l’écologiste François de Rugy a tiré son épingle du jeu.

"Chiffres mauvais, propositions peu précises. Sur l'égalité, le sujet est pas maîtrisé. Qui vous fait vos fiches ?", tacle la féministe Caroline de Haas. Devant son poste de télévision, sept candidats, dont une seule femme, installés devant des pupitres comme des élèves face à leurs examinateurs pour ce troisième et dernier débat de la primaire de gauche. Des élèves qui n’ont pas assez révisé ? C’est ce qu’ont reproché sur les réseaux sociaux bon nombre de féministes qui regardaient le débat.

VOIR AUSSI : "Paye ta schnek", "Paye ton journal", ou comment dénoncer le sexisme ordinaire

Arnaud Montebourg fut le premier à prendre la parole sur ce sujet. Mais sa proposition de forcer les hommes à prendre leur congé de paternité n’a pas séduit les foules. Le candidat a récemment déclaré dans un entretien au Journal du dimanche qu’il "repenserait" cette mesure, "en rendant obligatoires les 11 jours de congé paternité suivant la naissance". Un congé déjà pris à 70 % par les pères, ont relevé certaines femmes, qui ont trouvé bien tardif le "coming-out" féministe de l’ex-ministre du Redressement productif, qui a assumé ce qualificatif à la veille du débat. Les 20 propositions phares du candidat, qui s’est illustré à plusieurs reprises par des propos sexistes, ne comportent d’ailleurs toujours aucune mesure en matière d’égalité femmes-hommes.

"Manterrupting"

Ce fut ensuite le méli-mélo confus et désordonné de Jean-Luc Bennahmias, qui s’est empêtré dans une explication peu compréhensible sur la confiance qu’il fallait faire aux femmes pour régler leurs problèmes toutes seules, semblant en réalité s’en laver les mains.

"Les meufs, Bennahmias nous fait confiance. On le remercie"

"Quand ce qui se veut empowerment (du pouvoir donné aux femmes, ndlr.) tourne au libertarisme paternaliste…", a critiqué la porte-parole d’Osez le féminisme. "Les meufs, Bennahmias nous fait confiance. On le remercie", s’est moquée Caroline de Haas. 

Le président du Front démocrate s’est aussi fait remarquer par ses interruption intempestives de la candidate du Parti radical de gauche, Sylvia Pinel, qui semblait particulièrement agacée et déstabilisée par ce "manterrupting", comme on qualifie ces interruptions d’hommes sur des femmes.

Vincent Peillon a quant à lui affirmé maladroitement qu’il n’y a "pas de femmes ingénieures parce que par prédestination on se destine à autre chose". Prédestination, vraiment ? On imagine que le candidat voulait dire au contraire que les femmes sont cantonnées à un destin qu’elles n’ont en fait pas vraiment choisi.

VOIR AUSSI : Hack, code, cybersécurité : où sont les femmes ? 

Car les études de genre sont formelles : si les femmes sont légèrement à la traîne en mathématiques, c’est parce qu’on ne cesse de leur répéter que c’est "pour les garçons". Les chercheurs ont ainsi démontré que lorsque l’on affirme à des étudiantes s’apprêtant à passer un test de mathématiques que cet examen a "révélé des différences de résultats entre les sexes"… alors elles obtiennent effectivement de moins bons résultats que celles à qui l’on n’a pas affirmé de telles choses. Et si l’on fait visionner des publicités pleines de clichés sexistes à des étudiantes, rebelote, cela est susceptible d'affecter leurs notes. Dans les sociétés progressistes et égalitaires, les filles sont d’ailleurs meilleures en maths.

Nulle prédestination, donc, mais plutôt un moule culturel et social, fait de stéréotypes qui affectent le parcours scolaire et l’imaginaire mental des jeunes femmes, comme l’a noté, avec force points d’exclamation, la porte-parole de l’association Osez le féminisme :

Un seul candidat avec une directrice de cabinet

Satisfecit tout de même pour François de Rugy, candidat qui semblait le mieux maitriser le sujet et avoir les propositions les plus originales en la matière. Le président du Parti écologiste s’est déclaré en faveur d’un congé parental avant la naissance, pour qu’il y ait un "temps de formation" et notamment de "formation au partage des tâches", parce qu'"être parent ça s’apprend", a-t-il fait valoir.

Répondant à une question des journalistes qui disaient se demander si l’un des candidats avait choisi une "directrice" plutôt qu’un "directeur" de cabinet, les téléspectateurs ont pu apprendre que François de Rugy était  le seul à avoir fait ce choix. En l’occurence, la députée Véronique Massonneau, qui fut applaudie par le public de l’émission. Une forme de démonstration en acte de ses convictions qui a produit son petit effet sur le plateau, sans que le candidat ait besoin de s’en vanter.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.

Première publication : 20/01/2017