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Gambie : Jammeh annonce qu'il va quitter le pouvoir, l'intervention militaire en suspens

Yahya Jammeh avait jusqu'à vendredi midi pour accepter de céder le pouvoir et de quitter la Gambie.
Yahya Jammeh avait jusqu'à vendredi midi pour accepter de céder le pouvoir et de quitter la Gambie. Issouf Sanago, AFP

Le président gambien Yahya Jammeh, qui s'accroche à son poste malgré sa défaite aux élections, a annoncé samedi à la télévision publique qu'il allait quitter le pouvoir, mais les discussions se poursuivent sur les conditions de son départ.

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Le président Yahya Jammeh a annoncé samedi 21 janvier à la télévision d'État gambienne qu'il allait quitter le pouvoir. Les présidents mauritanien et guinéen ont obtenu auparavant son accord de principe pour qu'il quitte la Gambie. Battu lors de la présidentielle en décembre par Adama Barrow, il refusait jusque-là de quitter la tête du pays qu'il occupe depuis 22 ans.

"J'ai décidé aujourd'hui en bonne conscience d'abandonner la responsabilité de la direction de ce grand pays", a affirmé Yahya Jammeh, dans une déclaration lue à la télévision publique dans la nuit de samedi à dimanche.

Yahya Jammeh a expliqué que son départ du pouvoir relevait de sa seule décision, malgré la très forte pression exercée par les dirigeants régionaux et par l'opération militaire ouest-africaine. "Ma décision d'aujourd'hui n'a pas été dictée par quoi que ce soit d'autre que l'intérêt suprême de vous, le peuple gambien, et de notre cher pays", a-t-il assuré.

Des discussions se sont poursuivies sur les conditions de son départ, prolongeant de facto la suspension de l'opération militaire ouest-africaine décidée jeudi par la Communauté économique des États d'Afrique de l'ouest (Cédéao) pour contraindre Yahya Jammeh à céder le pouvoir.

Tractations sur l'exil de Yahya Jammeh

La Gambie, petit pays anglophone totalement enclavé dans le Sénégal, à l'exception d'une étroite bande côtière prisée des touristes, traverse une crise depuis que Yahya Jammeh a annoncé le 9 décembre son refus de céder le pouvoir à Adama Barrow, vainqueur de l'élection du 1er décembre, dont il conteste les résultats.

Après de multiples tentatives pour le faire changer d'avis, les présidents guinéen Alpha Condé et mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz se sont rendus vendredi à Banjul pour une dernière médiation. "Apparemment, les choses sont quasiment réglées. Jammeh a accepté de quitter le pouvoir. Les tractations tournent autour d'un point de chute pour son exil et des conditions qui doivent accompagner cet exil", a indiqué une source mauritanienne proche du dossier.

Selon une source guinéenne, "il faut trouver un pays suffisamment loin de la Gambie pour empêcher Yahya Jammeh d'interférer dans le processus démocratique en cours". "Mais il faut être prudent jusqu'à demain" samedi, a souligné cette source. Des sources politiques ont notamment évoqué une offre d'asile en Guinée ou au Maroc. Ont aussi été cités comme possibles pays d'accueil la Mauritanie, le Qatar et la Guinée équatoriale.

Les troupes ouest-africaines dans l'attente

Contrairement à la Mauritanie, la Guinée appartient à la Cédéao, dont plusieurs pays ont fait entrer jeudi leurs troupes en territoire gambien, pour forcer au départ Yahya Jammeh. Cette opération baptisée "Restaurer la démocratie" a été lancée peu après la prestation de serment d'Adama Barrow à l'ambassade gambienne à Dakar, la capitale sénégalaise, où il est accueilli depuis le 15 janvier à la demande de la Cédéao.

L'opération militaire a été suspendue pour permettre la "dernière médiation" conduite par les présidents guinéen et mauritanien. La Cédéao avait fixé un ultimatum jusqu'à vendredi à midi, dépassé de facto.

"C'est la Cédéao qui prendrait la décision" d'une éventuelle reprise des opérations, a expliqué le porte-parole de l'armée sénégalaise, le colonel Abdoul Ndiaye. Selon une source diplomatique au fait des discussions, les troupes ouest-africaines resteront sur place jusqu'au départ de Yahya Jammeh.

Avec AFP et Reuters
 

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