Accéder au contenu principal

Marche des femmes : le temps d’une journée, Washington voit la vie en rose

Les participants à la Women's March de Washington devant la Maison Blanche, samedi 21 janvier 2017.
Les participants à la Women's March de Washington devant la Maison Blanche, samedi 21 janvier 2017. Andrew Caballero-Reynolds, AFP

La marche des femmes, organisée à Washington samedi, a rencontré un succès impressionnant. Plus de 500 000 personnes ont défilé dans la bonne humeur, pour défendre les droits des femmes et des minorités face à l'administration de Donald Trump.

Publicité

correspondante à Washington

La vie en rose. Samedi 21 janvier, au lendemain de l’investiture de Donald Trump, la très progressiste Washington a vu plus de 500 000 personnes, selon les premières estimations, se rassembler pour la Million Women’s March. Beaucoup portaient un "pussy hat", un bonnet rose à pointes devenu symbole de ce ralliement en faveur la cause féministe et contre le nouveau président américain.

Sur le Mall, le rectangle géant entre le Capitole et le Washington Monument, et dans quasiment toutes les rues adjacentes, une foule compacte a tenté de défiler. Mais il n’était pas rare, surtout en milieu de journée, de rester coincé des dizaines de minutes dans un endroit au réseau téléphonique saturé, cerné par des pancartes personnalisées. "Fake Tan, Fake Man, Fake President" (Faux bronzage, faux homme, faux président), "Make truth important again" (Il faut rendre à la vérité sa grandeur), pouvait-on par exemple lire, en référence à Donald Trump.

Au milieu du Mall, sur la 7e rue, une petite femme blonde monte sur les épaules de son amie pour tenter de voir au loin : "Il n’y a aucune voie pour se faufiler nulle part !", crie-t-elle, à la fois réjouie et épuisée.

Camilla, New-Yorkaise ayant récemment emménagé à Washington, avance comme elle peut sur Independance Avenue, en direction de la 14e rue, le long du parcours pré-déterminé par les organisateurs. "Je suis agréablement surprise par la participation, assure-t-elle. Je pense que Washington est tellement démocrate que les habitants ne se sont pas déplacés [vendredi] lors de l’investiture. Ils ont tout donné aujourd’hui !" Selon elle, c’est la démocratie même qui est en jeu. "Je vous rappelle que Hillary Clinton a gagné le vote populaire avec trois millions de voix de plus que Donald Trump !"

Gail, mère au foyer à Washington, s’abrite sous un arbre pour échapper à la foule quelques instants. Elle qui a voté Hillary Clinton en novembre se dit très inquiète. "Je ne peux pas croire que nous ayons un président qui parle ainsi des femmes et des immigrés", soupire-t-elle, les larmes aux yeux. "Je suis là par solidarité, mais aussi pour créer du lien avec mes semblables."

Créer du lien, s’engager localement, défendre les membres de sa communauté : c’est le message porté par les organisatrices et les nombreuses personnalités qui se sont succédé à la tribune. Avec, comme socle commun, l’idée que les femmes sont à l’intersection de tous les combats (pour une meilleure justice économique et climatique, contre les violences policières dont les Noirs sont les premières victimes, pour l’accès à la santé pour tous, etc.). Cette convergence des luttes est d’ailleurs portée au plus haut niveau de la Million Women’s March, puisque les organisatrices représentent chacune une communauté différente (blanche, noire, latine et musulmane).

Les hommes ne sont pas en reste. Eliott est venu avec sa meilleure amie Perry. "Quand j’étais petit, mes parents ont divorcé et j’ai été élevé par ma mère", raconte-t-il. J’ai été très influencé par les femmes et je suis là pour soutenir leurs droits", lance-t-il fièrement.

Comme Eliott, Richard et Leo, la vingtaine, ont fait le déplacement. "Personnellement, je ne suis pas visé par Donald Trump, estime Richard : je suis un homme blanc, d’un milieu économique plutôt favorisé. Mais c’est important que nous soyons tous ensemble car les droits des femmes nous concernent tous." Leo, qui fait signe à sa petite amie plus loin, ajoute : "Et ça n’est pas qu’une question pour les politiciens. L’égalité des droits, ça commence à la maison. Cette guerre, elle a aussi lieu autour de la table lors du dîner. Elle est partout".

Les valeurs portées par cette manifestation ne font pourtant pas l’unanimité. Près de la Maison Blanche, une poignée de fondamentalistes chrétiens, visage fermé et pancartes à bout de bras, écoutent leur leader hurler au mégaphone. Un jeune homme au bonnet violet s’approche et, le sourire béat, se met à danser torse nu, orné de paillettes et stickers LGBT. "Ce qu’il a à dire, on s’en fout !", lance-t-il en riant à la foule qui hurle "Love trumps hate!" (L’amour est plus fort que la haine). Comme si, le temps d’une minute, la bataille contre le nouvel occupant du Bureau ovale avait déjà été gagnée.

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.