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En ballotage défavorable, Manuel Valls n’a pas dit son dernier mot

Manuel Valls
Manuel Valls Philippe Lopez, AFP

Benoît Hamon semble en bonne voie pour remporter le second tour de la primaire de la gauche grâce au report de voix d'Arnaud Montebourg. Mais est-ce aussi mathématique ? Petit tour d’horizon des différents scenarii.

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A priori, les calculs sont vite faits : Benoît Hamon, arrivé en tête avec 36,1 % des suffrages, est en bonne voie pour devenir le nouvel homme fort du Parti socialiste. Avec le soutien d’Arnaud Montebourg, arrivé en troisième position avec 17,5 % des voix, l’ancien ministre de l’Éducation devrait largement s’imposer lors du second tour de la primaire, dimanche 29 janvier, face à son adversaire et Premier ministre sortant Manuel Valls.

Mais l'analyse plus fine des résultats du premier tour ne garantit pas que les électeurs d’Arnaud Montebourg répondent en masse à l’appel de leur candidat. “Le choix Hamon est un vote de conviction porté par des valeurs, commente pour France24 Jean-Daniel Lévy, directeur du département Politique & Opinion d'Harris Interactive. Une grande majorité de ses sympathisants l’ont choisi pour ses idées”, ajoute-t-il en s’appuyant sur une étude publiée lundi par son institut de sondage.

Il n'est pas du tout évident que les électeurs du "candidat de la fiche de paie" si attaché à la valeur travail se retrouvent dans le programme du député des Yvelines, jugé "utopiste" par ses détracteurs. “Les soutiens de Montebourg qui doutent de la faisabilité du revenu universel peuvent préférer donner leur voix à Manuel Valls”, analyse le politologue.

"Valls dispose encore d’une importante réserve de voix"

Le résultat du second tour est donc encore ouvert. Dans la perspective de l’élection présidentielle, l’ancien Premier ministre pourrait bénéficier d’un report de voix non négligeable. “Les électeurs ont voté pour lui, pour sa personnalité et sa carrure présidentiable davantage que pour son projet”, note Jean-Daniel Lévy. Ils l’estiment plus en mesure de battre le Front national, ou même François Fillon, à l’élection présidentielle que Hamon”. Dans le QG d'Arnaud Montebourg dimanche soir, les sympathisants de l'ancien ministre du Redressement économique s'accordaient tous à dire que Benoît Hamon risquait de se faire “pulvériser” face à Emmanuel Macron…

Les électeurs socialistes les plus raisonnés pourraient donc pencher en faveur de Manuel Valls. “Surtout si les sympathisants de gauche se mobilisent davantage pour le deuxième tour”, précise Jean-Daniel Lévy. Pour le premier tour, 56 % des électeurs de l’ancien Premier ministre étaient issus du Parti socialiste. Sauf que sur les 1,6 million d’électeurs qui se sont déplacés dimanche, 37 % seulement étaient affiliés à l’appareil. “Une partie de l'électorat socialiste ne s'est pas déplacée, a constaté le politologue. Manuel Valls dispose donc d’une importante réserve de voix pour le second tour”.

Conscient de cette manne potentielle, Manuel Valls s’évertue, depuis dimanche soir, à rassembler les troupes. "À tous les électeurs qui croient dans la gauche, ne désespérez pas, mobilisez-vous !", a-t-il déclaré sur RTL lundi. Mais seront-ils présents dimanche soir, sachant que le vainqueur de la primaire de la gauche figure pour l'instant en cinquième position dans les sondages sur l’élection présidentielle ?

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