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Polémique sur la participation, attaques de Valls : quand la primaire de la gauche prend l'eau

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, dimanche 22 janvier 2017, à Paris.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, dimanche 22 janvier 2017, à Paris. Geoffroy Van Der Hasselt, AFP

Elle devait rassembler et créer une dynamique. Mais entre la polémique sur les résultats du premier tour et les attaques de Manuel Valls à l’encontre de Benoît Hamon, la primaire de la gauche semble se retourner contre le Parti socialiste.

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Le Parti socialiste espérait, avec sa primaire, créer une dynamique positive pour lancer la campagne de son candidat. Il était sans doute loin de se douter que ce rendez-vous démocratique, qui lui avait tant réussi en 2011, serait aussi décrié cette fois-ci.

La publication des chiffres de la participation, annoncée officiellement à 1,6 million d’électeurs, et les soupçons de manipulations qui ont suivi empoisonnent depuis lundi 23 janvier les organisateurs des "primaires citoyennes". Malgré l’absence de transparence sur le nombre de bureaux de vote dénoncée par plusieurs médias et l’absence de publication des résultats par département, circonscription et bureau de vote, Christophe Borgel, président du comité d’organisation de la primaire élargie, et Thomas Clay, président de la Haute autorité chargée de veiller au bon déroulement de l’élection, contestent tout problème.

>> À voir : Valls vs Hamon, le choc des gauches

Après avoir évoqué lundi un "bug, rien de plus", Christophe Borgel a dénoncé mardi matin ceux qui, selon lui, cherchent à "décrédibiliser" le scrutin. "Qu’est-ce que c’est que cette polémique ? Il y a un candidat qui a contesté un bureau de vote ? Vous avez vu un problème dans un bureau de vote ?", a-t-il demandé à la presse avant la réunion du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, répétant qu’il n’y avait "strictement aucune manipulation".

Gonflée ou non, la participation à la primaire reste faible

De son côté, Thomas Clay va jusqu’à affirmer, dans une interview au Monde, que "tout s’est bien passé" et que le système mis en place pour la remontée des informations depuis les bureaux de vote "a très bien fonctionné".

Si les railleries des proches de Jean-Luc Mélenchon, François Fillon ou Marine Le Pen étaient attendues, plusieurs membres du Parti socialiste ou participants à la primaire ont eux aussi fait part de leur étonnement. Benoît Hamon a reconnu sur Europe 1, mardi matin, avoir comme tout le monde des "incertitudes" au sujet des résultats du premier tour. François de Rugy a jugé lundi "inacceptable" leur "présentation trompeuse". Et sept députés socialistes, dont un des vice-présidents Sébastien Denaja et une des porte-parole Annick Lepetit, ont demandé mardi après-midi que la presse puisse assister à la centralisation des votes lors du deuxième tour afin "d’en assurer la transparence totale".

Gonflés ou non, les chiffres de la participation ne sont de toute façon pas bons. Difficile de revendiquer une dynamique, voire même une légitimité face à Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, avec seulement 1,6 million de votants. On est en effet loin des 2,7 puis 2,9 millions de participants à la primaire socialiste de 2011, et encore plus loin des 4,3 puis 4,4 millions d'électeurs des deux tours de la primaire de la droite il y a deux mois.

"Il y a des ambiguïtés. Il y a des risques d'accommodement, oui, en effet, de sa part"

Autre objectif affiché de la primaire de la gauche qui apparaît, à mesure que les jours passent, de plus en plus utopique : le rassemblement. La campagne de l’entre-deux-tours entre Benoît Hamon et Manuel Valls s’est considérablement musclée ces dernières heures. Le second, qui a refusé mardi matin d’annoncer sans réserve son soutien à Benoît Hamon en cas de victoire de ce dernier, est visiblement prêt à tout pour l’emporter dimanche prochain.

L’ancien Premier ministre s’est ainsi emparé de la question de la laïcité pour attaquer son concurrent par médias interposés. "Il ne peut pas y avoir, dans notre République, un interdit vis-à-vis des femmes dans des lieux publics ou dans l’espace public. Parce que j’ai mis l’égalité femme/homme au cœur de mon projet, je considère que la condition des femmes, notamment dans les quartiers populaires, est un sujet prioritaire. [...] Il y a des ambiguïtés. Il y a des risques d'accommodement, oui, en effet, de sa part", a affirmé sur Franceinfo Manuel Valls, en référence à un récent reportage de France 2 montrant des cafés dans des banlieues françaises où les femmes ne sont pas les bienvenues.

Benoît Hamon avait été accusé de relativiser la gravité de cette discrimination, en affirmant notamment que "dans les cafés ouvriers, historiquement, il n'y avait pas de femmes".

Valls et Hamon irréconciliables ?

"Ce n'est pas moi qui ai une version dévoyée de la laïcité", a répondu sur RFI l’ancien ministre de l’Éducation nationale à l'adresse de son adversaire. "C'est le Conseil d'État qui lui a rappelé ce qu'était la loi sur le burkini quand il s'est porté au secours des maires interdisant le burkini", a-t-il ajouté. Plus tard sur Europe 1, Benoît Hamon a qualifié les accusations de laxisme à son encontre de "très graves". Ces accusations "non seulement me heurtent, mais me révoltent".

Dans ce contexte, et alors que Manuel Valls promet de poursuivre ses attaques sur ce thème lors du débat télévisé, mercredi soir, difficile d’imaginer les deux hommes se tomber dans les bras dimanche soir après la proclamation des résultats.

Au regard de la primaire de la droite et du centre du mois de novembre, la comparaison est cruelle pour le Parti socialiste. Les présidents des groupes parlementaires Les Républicains et UDI, Christian Jacob et Philippe Vigier, n’ont d’ailleurs pas manqué de railler, mardi, l'"amateurisme" et le "manque de professionnalisme et de sérieux" de la gauche. Celle-ci croise désormais les doigts : il lui reste cinq jours et un débat avant le deuxième tour pour sauver sa primaire.

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