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Liban : la difficile réforme de la loi électorale divise la classe politique

Aucune élection législative n’a été organisée au Liban depuis 2009, alors que la Constitution prévoit un nouveau scrutin tous les quatre ans.
Aucune élection législative n’a été organisée au Liban depuis 2009, alors que la Constitution prévoit un nouveau scrutin tous les quatre ans. Joseph Eid, AFP

À l’approche des élections législatives prévues en mai, la classe politique libanaise se divise autour de l'épineuse question de la réforme de la loi électorale, dans un pays régi par un système confessionnel.

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Alors que les prochaines élections libanaises, les premières depuis huit ans (en 2014, le Parlement avait prorogé les mandats des députés jusqu'en juin 2017, faute d’entente sur un mode électoral), sont prévues en mai, la loi électorale actuelle, basée sur le "scrutin plurinominal majoritaire", est loin de faire l’unanimité. Depuis plusieurs semaines, le débat sur cette question essentielle occupe tout l'espace politique.

Le Liban, qui compte 18 communautés religieuses, applique un système politique basé sur la démocratie consensuelle ainsi que sur une répartition confessionnelle des fonctions officielles et administratives. Le président de la République et le chef de l’armée sont toujours chrétiens - précisément maronites - tandis que le Premier ministre est sunnite et que le président du Parlement est chiite. Enfin, les portefeuilles ministériels et les 128 sièges de députés sont répartis paritairement entre musulmans et chrétiens.

Et pour cause, élu fin octobre à la présidence de République, un poste laissé vacant pendant plus de deux ans, l’ancien général Michel Aoun a fait de la réforme de la loi électorale une priorité de son action. Première étape primordiale selon lui pour assurer une meilleure représentativité des communautés, dont certaines peuvent être dépendantes, dans certaines circonscriptions, du vote d’un autre groupe confessionnel.

Le gouvernement du Premier ministre Saad Hariri s'est promis d'assurer la tenue du vote en temps et en heure, et suivant un nouveau mode de scrutin. Un pari qui semble impossible à tenir. En effet, au Parlement, pas moins de 17 propositions de loi, 17 formules de scrutin différentes, sont sur la table.

Le camp Aoun en faveur de la proportionnelle

Ainsi, les soutiens du président Aoun, à l’instar du Hezbollah, le puissant mouvement politico-militaire chiite, militent pour la proportionnelle. "Nous estimons que le système proportionnel dans un pays comme le Liban, qui connaît le pluralisme religieux, est la meilleure loi pour assurer la représentativité de tous y compris les minorités religieuses et politiques", assure le député Simon Abi Ramia, proche du chef de l’État, interrogé par France 24.

Or ce système inquiète les communautés minoritaires, jugées surreprésentées par rapport à leur poids démographique réel. La minorité druze par exemple, qui appartient au bloc parlementaire musulman, affirme qu'on veut l'éradiquer de la scène politique.

"La proportionnelle va écraser beaucoup de minorités, et avec la spécificité communautaire de notre pays, cette loi ne peut pas fonctionner, et nous ne l’accepterons en aucun cas !", explique à France 24 le député Akram Chehayeb, homme de confiance du leader druze Walid Joumblatt. Ce dernier préfère une loi instituant un scrutin hybride, alliant modes proportionnel et majoritaire.

L'actuelle loi électorale repose sur un recensement datant de... 1932

Au Liban, pays du Cèdre et du confessionnalisme politique, qui répartit les fonctions officielles selon la religion, les 128 sièges de députés sont divisés à égalité entre chrétiens et musulmans. Les différentes communautés religieuses sont ensuite représentées au Parlement en fonction de leur poids démographique. Et ce, suivant un recensement datant de 1932.

Par exemple, les maronites, principale communauté chrétienne, disposent de 34 élus tandis que, côté musulman, les chiites comme les sunnites en comptent 27. Et dans un régime parlementaire monocaméral, dans lequel la Chambre des députés dispose en plus du pouvoir constitutionnel d’élire le chef de l’État, le mode de scrutin des législatives est fondamental pour le partage du pouvoir. D'où les divisions internes actuelles. 

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