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L'assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon lié aux otages d'Arlit selon Envoyé spécial

Le technicien et la journaliste de RFI, Claude Verlon et Ghislaine Dupont, assasinés le 2 novembre 2013 à Kidal dans le nord du Mali.
Le technicien et la journaliste de RFI, Claude Verlon et Ghislaine Dupont, assasinés le 2 novembre 2013 à Kidal dans le nord du Mali. RFI

Les reporters de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, assassinés au Mali en 2013, auraient été tués en représailles à un problème dans le versement des rançons des otages d'Arlit au Niger, selon une enquête de France 2.

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Une enquête journalistique diffusée jeudi 26 janvier dans l’émission Envoyé Spécial, sur France 2, relie l'assassinat des deux reporters français de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon en 2013 au Mali, aux négociations complexes ayant abouti à la libération des otages d'Arlit.

Selon ce reportage, une grande confusion a entouré les négociations ayant conduit à la libération des otages Marc Féret, Thierry Dol, Pierre Legrand et Daniel Larribe le 29 octobre 2013, après plus de trois ans de captivité aux mains d'Aqmi (Al Qaïda au Maghreb islamique).

Envoyé spécial, qui a enquêté une année sur le sujet, fait un lien entre ces libérations et la mort, quatre jours plus tard, des journalistes de RFI, dont les corps ont été retrouvés par des militaires français peu après leur rapt dans le nord du Mali.

Un problème du versement des rançons

Selon Jean-Pierre Canet, rédacteur en chef de l'émission, des dizaines de millions d'euros de rançon ont été versés contre la libération des otages, employés des groupes Areva et Vinci à Arlit, au Niger. Mais la livraison de la rançon a pris du retard en raison de la concurrence entre plusieurs filières dans les négociations.

"Ce qui est sûr c'est qu'au bout du compte, cette concurrence va retarder la libération des otages, tout cela sur fond de passages de relais politiques, puisque ça commence sous Sarkozy et ça finit sous Hollande", a-t-il dit sur France Inter.

Le reportage dévoile la guerre des réseaux que se sont menés les services français en lançant des initiatives parallèles, l'une émergeant de la DGSE, l'autre avec l’aval du ministère de la Défense, pour négocier la libération des otages d'Arlit. Il qualifie aussi de "personnage-clé" dans cette affaire le général Benoît Puga, chef d'état-major engagé sous Nicolas Sarkozy et resté en poste sous François Hollande.

Selon Jean-Pierre Canet, un problème dans le versement des rançons pourrait avoir conduit à l'assassinat des deux journalistes de RFI, qui auraient croisé le chemin des anciens geôliers des otages tout juste libérés.

Le reportage, dense, apporte autant d’éléments qu’il pose de questions. L’un d’entre eux est particulièrement troublant, relève RFI : les journalistes de France 2 révèlent que l'ordinateur personnel de Ghislaine Dupont, resté à Paris, était espionné depuis plusieurs semaines. Le 2 novembre précisément, juste avant l'enlèvement, sa boîte mail avait été vidée et l'ensemble de ses mots de passe modifiés, expliquent les enquêteurs.

Le silence des autorités françaises

Les autorités françaises, qui n’ont pas répondu aux sollicitations des auteurs du reportage, se sont toujours refusées à tout commentaire sur cette affaire, sur laquelle une information judiciaire a été ouverte en avril 2014.

Les trois magistrats instructeurs ont délivré une commission rogatoire internationale à l'intention des autorités maliennes. Une requête en déclassification déposée en 2016 a permis la mise à disposition des enquêteurs d'une centaine de documents.

À la veille de la diffusion d’Envoyé spécial, le gouvernement français a réagi en affirmant vouloir que la justice fasse toute la vérité sur ce dossier. "La volonté du gouvernement est de donner à la justice son droit de faire cette enquête pour trouver la vérité", a commenté mercredi le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll après le conseil des ministres.

Avec AFP

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