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Alexander Van der Bellen, le "fils de réfugiés" devenu président d'Autriche

"Enfant de réfugiés" et pro-européen, Alexander Van der Bellen est le neuvième président de l'Autriche.
"Enfant de réfugiés" et pro-européen, Alexander Van der Bellen est le neuvième président de l'Autriche. Vladimir Simicek, AFP

Alexander Van der Bellen a été officiellement installé, jeudi, dans ses fonctions de chef d’État autrichien. Européen convaincu, il se présente comme un "enfant de réfugiés".

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Près de deux mois après avoir battu le candidat de l’extrême droite autrichienne, l’écologiste libéral Alexander Van der Bellen a officiellement prêté serment, jeudi 26 janvier, neuvième président de la République d’Autriche.

Ce professeur d’économie à la retraite incarne une vision du pays aux antipodes de celle du Parti de la liberté (FPÖ, extrême droite). Dans son discours d’investiture, celui qui se décrit lui-même comme un "enfant de réfugiés" a opposé son projet d’une société ouverte et multiculturelle au nationalisme du parti populiste. 

La crise migratoire a été au centre de la campagne présidentielle en Autriche, qui, en deux ans, a enregistré plus de 130 000 demandes d’asile, un record pour ce petit pays de 8,5 millions d’habitants.

Fils de réfugiés

Descendant d’un aristocrate russe et d’une mère estonienne ayant fui le stalinisme, Alexander Van der Bellen est né à Vienne mais sa famille a trouvé refuge dans le vert Tyrol, aux confins de l’Autriche et de l’Italie, lorsque l’Armée rouge est entrée dans la capitale autrichienne, en 1945. Dans cette province frontalière, très traditionnelle, il a toujours été simplement "Sascha", le diminutif russe d‘Alexander. Pour qu’il soit élu, une coalition très influente d’élus conservateurs de sa région a été formée, emmenée par le maire du village natal du président, afin de "prouver qu’un petit réfugié [pouvait] devenir notre grand président".

S’exprimant devant les Autrichiens en tant que président jeudi, l’ancien patron des Verts n’a pas manqué de rappeler son histoire personnelle : "Mes parents n’étaient pas autrichiens, je suis né de parents réfugiés. J’ai été emmené de Vienne au Tyrol alors que je n’étais qu’un bébé […]. Et maintenant, je me tiens devant vous en tant que président", a-t-il déclaré fièrement.

Européen convaincu

À 73 ans, Alexander Van der Bellen se pose également en défenseur de l’Union européenne. "Ne nous laissons pas dérouter de notre ouvrage de construction d’une Europe unie. Préserver ce projet de paix vaut tous les efforts", a plaidé le nouveau chef de l’État.

Celui qui jugeait la présidentielle décisive pour l’avenir de l’Autriche dans l’Union européenne l’avait emporté le 4 décembre 2016 avec 53,8 % des voix contre 46,2 % pour Norbert Hofer, vice-président du Parlement et cadre du FPÖ, suscitant le soulagement au-delà des frontières de son pays. Même si les fonctions du président de la République autrichienne sont essentiellement protocolaires, une élection de Norbert Hofer aurait constitué pour la première fois l’arrivée d’un élu d’extrême droite à la tête d’un État de l’Union européenne. À ce titre, ce scrutin était très observé dans les capitales européennes. Le parti de Hofer espérant ainsi capitaliser sur un contexte international propice aux formations eurosceptiques et anti-immigration, après la victoire du Brexit au Royaume-Uni et celle de Donald Trump aux États-Unis.

Avec AFP

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