ROYAUME-UNI

Le gouvernement britannique sous pression pour annuler la visite d'État de Trump

Nicholas Kamm, AFP.
4 mn

Une pétition, signée par plus de 1,2 millions de Britanniques, réclame qua la visite d’État de Trump au Royaume-Uni soit annulée. Le fait qu'elle a dépassé les 100 000 signatures signifie qu'elle sera débattue au Parlement.

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Donald Trump est-il digne de la reine ? Plus de 1,2 million de Britanniques estimaient le contraire lundi via une pétition qui réclame du gouvernement qu'il annule la visite d'État du président américain prévue pour 2017.

Une pétition, des manifestations programmées dans plusieurs villes, des députés qui se pincent le nez et une Première ministre sous le feu des critiques : l'euphorie est vite retombée au Royaume-Uni après la fierté d'avoir vu Theresa May devenir le premier dirigeant étranger à être reçu à Washington, vendredi 27 janvier.

Le refus, dans un premier temps samedi, de la cheffe du gouvernement conservateur de critiquer le décret anti-immigration de Donald Trump a déclenché un torrent de protestations.

Les explications de notre correspondante

>> À lire sur France 24 : "Du Moyen-Orient à l'Europe, les dirigeants réagissent contre le décret immigration de Trump "

Un communiqué de Downing Street a bien rectifié le tir dans la nuit de samedi à dimanche. Mais pour beaucoup, le mal était déjà fait et Theresa May continue d'être accusée jusque dans son propre camp de sacrifier les droits de l'Homme au profit de la "relation spéciale" entre Londres et Washington.

"Pas le bienvenu"

"Vous n'êtes pas le bienvenu, M. le Président", titrait le Daily Mirror (gauche) en lettres capitales sur sa Une, lundi 30 janvier.

Les critiques se focalisaient lundi sur la perspective de la visite d'État de Donald Trump au Royaume-Uni, prévue pour "plus tard cette année".

"Une invitation a été transmise et elle a été acceptée", a souligné Downing Street, insistant sur le fait que la position du gouvernement britannique n'avait pas bougé. Bien au contraire : un nouveau communiqué lundi après-midi affirmait que Teresa May avait été "très heureuse" de transmettre l'invitation de la reine.

Reste que le parti travailliste, les libéraux-démocrates et le parti national écossais SNP ont tous réclamé que la visite d'État soit annulée. Ils ont été confortés par le succès de la pétition contre Donald Trump, mise en circulation avant la promulgation du décret anti-immigration, mais qui n'avait recueilli jusqu'à samedi que 60 signatures. Le fait qu'elle a dépassé les 100 000 signatures signifie qu'elle sera débattue au Parlement.

Réalisme oblige, il ne s'agit pas d'interdire le territoire britannique au président des États-Unis, dont la mère est d'origine écossaise. Mais de transformer son premier voyage en simple visite sans l'appellation "visite d'État".

Très codifiée, une visite d'État s'entoure d'un faste particulier qui comprend un défilé en carrosse, un discours sous les ors du Parlement de Westminster et surtout un banquet officiel au palais de Buckingham avec la reine.

Selon le texte de la pétition, cela risquerait d'"être embarrassant" pour Elizabeth II. "La misogynie notoire de Donald Trump et sa vulgarité le disqualifient pour être reçu par Sa Majesté la reine et [son fils] le prince de Galles", ajoute la pétition.

Il s'agit d'ores et déjà de la deuxième pétition la plus populaire de tous les temps sur le site du Parlement après celle réclamant un deuxième référendum sur le Brexit, signée par plus de quatre millions de personnes.

Avec AFP

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