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"L'homme-araignée" jugé pour le vol de cinq tableaux au musée d'Art moderne de Paris

Un policier devant des cadres à l'extérieur du musée d'Art moderne de Paris en mai 2010 après le vol des toiles.
Un policier devant des cadres à l'extérieur du musée d'Art moderne de Paris en mai 2010 après le vol des toiles. Bertrand Guay, AFP

Le procès du voleur présumé de cinq toiles de maître en 2010 au musée d'Art moderne de Paris s'est ouvert lundi devant le tribunal correctionnel de Paris.

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C'est le procès d'un casse presque parfait qui s'est ouvert lundi 30 janvier devant le tribunal correctionnel de Paris : en 2010, cinq toiles de maître signées Picasso, Matisse, Modigliani, Braque et Léger avaient été volées au musée d'Art moderne de Paris. Arrêté en mai 2011, Vjéran Tomic, 49 ans, surnommé "l'homme-araignée", avouera rapidement le vol, sans jamais donner le nom des commanditaires.

Deux hommes, dont l'un de ses contacts réguliers, sont poursuivis pour recel. Tous trois comparaissent libres. Pour avoir dérobé ou recelé des trésors, "en bande organisée", ils encourent jusqu'à dix ans de prison. Une peine qui peut être doublée pour "l'homme-araignée", compte tenu de la récidive légale : il compte déjà quatorze condamnations au casier pour des vols de bijoux et de toiles de maître chez de riches particuliers.

Peu avant le début de l'audience devant le tribunal correctionnel de Paris, aux journalistes qui l'interrogent, il répond, tout sourire : "Quel rôle j'ai eu ? Arsène Lupin". Le gentleman cambrioleur autoproclamé affirme qu"il "rendrait bien les toiles à la police" s'il les avait encore.

Un butin estimé entre 100 et 200 millions d'euros

Cette nuit du 19 au 20 mai 2010, il est 3 h 30 quand la température chute brusquement au musée d'Art moderne de la ville de Paris. Une baie vitrée en plexiglas vient d'être descellée à l'aide d'une dévisseuse, le cadenas d'une grille coulissante sectionné : un homme est entré. La silhouette se glisse d'une salle à l'autre, vers la "Nature morte au chandelier" (1922) de Fernand Léger. Les rivets antivol fixés au tableau sont arrachés.

Voyant qu'aucune alarme ne se déclenche, l'audacieux continue sa déambulation. Aux enquêteurs, Vjéran Tomic dira qu'il venait pour le Léger, ne pensant pas pouvoir arriver jusqu'à la robe jaune de "La Femme à l'éventail" (1919) d'Amedeo Modigliani. Mais la chance lui sourit et il s'enhardit à décrocher aussi "Le Pigeon aux petits pois" (1911) de Pablo Picasso, "L'Olivier près de l'Estaque" (1906) de Georges Braque et une "Pastorale" (1906) d'Henri Matisse, des toiles qui lui "plaisent".

Un butin estimé à près de 100 millions d'euros par la mairie de Paris, propriétaire des toiles, mais jusqu'à 200 millions par certains experts.

"Des chefs-d'œuvre d'une valeur inestimable, qui dépasse de loin la valeur marchande", balaie le président de la 32e chambre, Peimane Ghalez-Marzban, qui souligne la "facilité déconcertante" avec laquelle le vol est commis en raison des "défaillances" de sécurité.

Au musée cette nuit-là, les trois gardiens ne voient rien, les détecteurs de mouvement sont défaillants depuis deux mois et les alarmes déclenchées par des bris de vitre hors service.

Un renseignement anonyme

C'est un renseignement anonyme qui mettra les policiers sur la trace de Vjéran Tomic. Sa silhouette athlétique a été repérée autour de l'esplanade du Trocadéro, voisine du musée, les jours qui précédent le vol. Son téléphone ou celui de ses proches ont borné dans cette zone à la période du vol.

Écoutes et surveillances permettent de reconstituer son emploi du temps à la sortie du musée : son téléphone le situe gare de Lyon puis dans un parking de Bastille. C'est là qu'il se serait délesté des tableaux au profit d'un premier receleur. Un second avouera avoir gardé les toiles un moment puis s'en être débarrassé, dans des poubelles.

Une thèse qui ne convainc pas les enquêteurs, la justice doit à présent trancher.

Avec AFP

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