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D’Uber à Google, la Silicon Valley face au décret anti-immigration de Trump

Des manifestants à l'aéroport JFK de New York contre le décret anti-immigration de Donald Trump
Des manifestants à l'aéroport JFK de New York contre le décret anti-immigration de Donald Trump Stephanie Keith, AFP

Le décret anti-immigration de Donald Trump a également fait des vagues dans le monde de la tech. Uber s’est retrouvé sur la sellette, des stars du web ont été accusées de timidité dans leur condamnation, et d'autres ont été applaudis. Explications.

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Le décret anti-immigration du président américain Donald Trump a déjà fait une victime dans le monde de la tech : Uber. Les appels au boycott du célèbre service de VTC (véhicule de transport avec chauffeur) se sont multipliés aux États-Unis dimanche. Un hashtag spécifique, #DeleteUber a fait son chemin sur Twitter appelant les internautes à effacer l’application de leurs smartphone.

Deux maux disqualifient Uber aux yeux des opposants au décret de Donald Trump, qui interdit pour 90 jours l’entrée sur le territoire américain de ressortissants de sept pays à majorité musulmane. D'abord, son fondateur, Travis Kalanick, a accepté de rejoindre l’équipe de conseillers économiques du nouveau président, peu avant son investiture. Une position devenue très inconfortable et que beaucoup lui demandent d’abandonner, au lieu de se contenter de quelques tweets d’opposition au décret présidentiel.

Uber s’est, de plus, illustré par un opportunisme qui n’a pas amélioré sa côte d’amour aux États-Unis, samedi 28 janvier. Alors que les chauffeurs de taxis new-yorkais, dont une part importante est de confession musulmane, organisaient un mouvement de contestation contre la mesure anti-immigration du président, en tentant de bloquer l'accès à l'aéroport JFK de New York, le service de VTC a décidé de couper l'augmentation automatique du prix en cas de forte demande. Une décision perçue une manière de profiter de la grève des taxis et de saper leur mouvement de révolte.

Pourtant, Travis Kalanick a déploré une mesure “qui va à l’encontre de toutes nos convictions” et Uber a mis en place un fond de trois millions de dollars pour aider juridiquement les chauffeurs du groupe qui pourraient avoir à pâtir du controversé décret.

Mais rien n'y a fait. Conséquence de cette situation “uberesque” : l’application du concurrent Lyft est devenue, pour la première fois, plus populaire que celle d’Uber aux États-Unis. De plus, ce service alternatif de VTC a enfoncé le clou en faisant un don d’un million de dollars à l’American civil liberties union (ACLU), la plus puissante des associations américaines de défense des droits civiques. Lyft s’est ainsi retrouvé dans le camp des entreprises tech encensées pour leur réaction au décret.

Des géants du web jugés trop timorés

Ce qui est loin d’être le cas de toutes les stars de la Silicon Valley. Les critiques, entre autres, de Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, Satya Nadella, le patron de Microsoft, ou encore Elon Musk, le fondateur de Tesla, contre la mesure sont apparues comme le minimum synidcal.

Des paroles, encore des paroles, toujours des paroles ont déploré plusieurs médias. “Il est compréhensible que ces dirigeants veuillent pouvoir avoir accès aux plus hauts cercles du pouvoir, mais lorsqu’un gouvernement franchit la ligne rouge sur un sujet aussi sensible que la diversité, il faut savoir agir avec plus de force”, résume le site américain geektime.

Ceux qui l’ont fait se comptent presque sur les doigts d’une main. Outre Lyft, la plateforme de sous-location Airbnb a donné la possibilité à ses loueurs de mettre à disposition des hébergements gratuits pour tous ceux qui se retrouvaient bloqués loin de chez eux, dans les aéroports ou les ville de transit, à cause du décret anti-immigration.

Google a, de son côté, mis en place un “fond de crise” d’un montant maximum de quatre millions de dollars, alimenté par les donations extérieures et celles d’employés du groupe, destiné à financer quatre associations de lutte pour les droits des immigrés et des réfugiés. Sergei Brin, co-fondateur de Google, a participé à une manifestation à San Francisco contre la mesure de Donald Trump.

Plusieurs personnalités de la Silicon Valley ont décidé de faire des dons personnels à l’ACLU. Le très influent investisseur Chris Sacca a ainsi versé 150 000 dollars à cette association, qui, durant le week-end, a reçu la somme record de 24 millions de dollars, soit “six fois [leur] moyenne annuelle de dons”, a précisé l’organisation.

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