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FRANCE

Trois mois après le demantèlement de la "jungle", les migrants de retour à Calais

© Denis Charlet, AFP | Des dizaines de migrants sont de retour dans la région de Calais.

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 31/01/2017

Trois mois après le démantèlement de la "jungle", les associations tirent à nouveau la sonnette d’alarme à Calais où des dizaines de migrants ont fait leur retour – dont une majorité de mineurs. Elles réclament, en vain, l’aide de l’État.

Trois mois après le démantèlement de la "jungle" de Calais, des dizaines de migrants sont de retour dans la région, ont constaté plusieurs associations. "Nous avons compté à la louche le retour d’une centaine de mineurs dans la zone", déclare Gaël Manzi, membre d’Utopia 56, une association qui effectue depuis le début de l’année des maraudes quotidiennes. "Ils ne se réinstallent pas dans l’ancienne 'jungle'", quadrillée par les forces de l’ordre, mais autour de l’ancien bidonville, ou aux abords de la gare de Calais-Fréthun, voire même dans le centre-ville, "ou près du port, sur les parkings".

Selon Gaël Manzi, la plupart de ces jeunes se sont probablement échappés des Caomi (Centres d'accueil et d'orientation pour les mineurs isolés) dans lesquels ils avaient été placés. En octobre 2016, près de 800 d’entre eux — sur les 2 000 jeunes qui erraient dans la "jungle" — avaient été acceptés au Royaume-Uni. Les autres avaient pris le chemin de foyers spéciaux, mais aucun d’entre eux n’avait vraiment renoncé à son rêve d’Angleterre. "La police ne les arrête pas, précise Gaël Manzi. Elle contrôle leur identité et leur propose un hébergement s’il y a de la place dans les foyers alentours." Puis repart.

Un traitement dont ne bénéficient pas les personnes majeures. "On ne les voit pas, [elles] se cachent", précise de son côté François Guennoc, de l’Auberge des migrants. Car, s’ils sont arrêtés, les adultes savent que la sanction sera plus lourde pour eux. Ils risquent d'être envoyés en centre de rétention. Avec le froid hivernal, les ONG s’inquiètent. "On a dû mal à les trouver, on doit pourtant les aider", continue François Guennoc.

"Nous rappelons des volontaires"

Sur place, les associations notent aussi la présence de primo-arrivants parmi les migrants, des personnes qui arrivent pour la première fois dans le Calaisis, et qui n’ont jamais connu la "jungle". Leur nombre est difficile à évaluer. "Ils sont au courant pour le demantèlement du bidonville mais ils viennent quand même tenter le passage", précise François Guennoc. Pour les y aider, les passeurs sont toujours là. Ils savent que l’Angleterre n’a rien perdu de son attractivité. "Beaucoup de migrants qui arrivent se mettent en relation avec les passeurs qui sont à Grande-Synthe [dans le camp humanitaire]", ajoute François Guennoc.

Les ONG craignent désormais d’être dépassées. Si ce n’est déjà le cas. "Nous rappelons des volontaires pour venir nous aider", précise encore Gaël Manzi, d’Utopia 56. D’autres collectifs comme Help Refugees, Salam ou Refugees Kitchen ont aussi fait leur retour dans les environs. Toutes ont alerté les pouvoirs publics. Mais le dialogue est difficile : la préfecture du Pas-de-Calais persiste à ne parler que du retour d’une "poignée de migrants".

>> À lire : "Rétro 2016 : de Calais à Lesbos, la crise des migrants continue de miner l'Europe"

Au plus haut sommet de l’État, les échanges n’ont pas été très constructifs non plus. Pourtant, les ministres de l'Intérieur et du Logement, Bruno Le Roux et Emmanuelle Cosse, ont reçu lundi 30 janvier, pour la première fois depuis le démantèlement de la "jungle", les acteurs de terrain. Mais la réunion a vite tourné à un dialogue de sourds.

"Ils ne nous entendent pas"

Les associations ont réclamé de nouvelles structures pour accueillir dignement les nouveaux arrivants, l’État s’y est fermement opposé. Un centre d'accueil et d'orientation (CAO) existe déjà dans le département à Croisilles, non loin d’Arras, mais c'est le seul de la région. "Ils ne nous écoutent pas, ils ne nous entendent pas", a confié François Guennoc qui dénonce un déni de réalité. "Je n'ai senti aucune ouverture de leur part [...] Nous demandons juste un 'dispositif de survie'", assure-t-il. "On est très déçus, a affirmé de son côté à l'AFP Yannick Le Bihan, de Médecins du Monde. On va essayer de trouver des solutions pour accueillir et héberger les gens."

Au chapitre de l'hébergement, les deux ministres ont toutefois confirmé l'ouverture prochaine d'un "centre d'accueil pour mineurs non accompagnés" et annoncé un nouveau CAO dans le Pas-de-Calais. Des places en Cada (Centres d’accueil pour demandeurs d’asile) devraient également être créées, à hauteur de 350, dans la région des Hauts-de-France. Mais là encore, les ONG déplorent un mauvais calcul. Ces places seront trop loin à "80, 100 km de Calais, […] Les gens reviendront" toujours dans la ville, a estimé Frédéric Amiel, représentant d’Emmaüs France.
 

Première publication : 31/01/2017

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