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La fille de la "Raspoutine" sud-coréenne arrêtée au Danemark

Nouvelle manifestation populaire à Séoul pour exiger le départ de la présidente Park Geun-hye, samedi 31 décembre 2016.
Nouvelle manifestation populaire à Séoul pour exiger le départ de la présidente Park Geun-hye, samedi 31 décembre 2016. Jung Yeon-Je, AFP

Nouveau rebondissement dans le scandale de corruption qui éclabousse la présidente sud-coréenne Park Geun-hye. La fille de sa plus proche confidente, personnage central de cette crise politique, a été arrêtée dimanche au Danemark.

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Elle s’appelle Chung Yoo-ra. Cavalière émérite, elle était jusque-là connue dans son pays, la Corée du Sud, pour avoir remporté une médaille d’or en dressage équestre aux Jeux d'Asie de 2014, à Incheon, dans le nord du pays. Mais plus récemment, son nom et celui de sa mère, Choi Soon-sil, ont occupé une place centrale en une des journaux sud-coréens dans le cadre d'une série de révélations qui fait trembler la Maison bleue, la présidence sud-coréenne.

Ce scandale sans précédent, baptisé "Choigate", est à l’origine d’un vote de procédure de destitution à l’encontre de la présidente Park Geun-hye. La chef d’État, élue en 2013, est soupçonnée de corruption, de violations de la Constitution et d’abus de pouvoir.

>> À lire aussi sur France 24 : "Derrière Park Geun-hye, un scandale aux multiples ramifications"

Chung Yoo-ra a été appréhendée par les autorités danoises, dimanche 1er janvier, à Aalborg, dans le nord du Royaume. Séoul réclamait l’arrestation de cette jeune fille de 20 ans, qui doit être extradée vers son pays d’origine dans les deux prochaines semaines. Sa mère, redoutable femme d’affaires sud-coréenne, qui se dit dotée de pouvoirs chamaniques, fut la plus proche confidente de la présidente. Elle est aujourd'hui au cœur de la crise politique qui secoue la Corée du Sud, accusée d'avoir fait pression sur des grandes entreprises du pays comme Samsung pour qu'elles financent des fondations soutenant l'action politique de Park.

Celle que les médias surnomment "Raspoutine" aurait aussi eu accès à des documents confidentiels portant sur la politique nationale et même participé à l’écriture de certains discours officiels. Son influence aurait également permis à sa fille de bénéficier d'un traitement spécial pour intégrer la prestigieuse Université pour femmes Ewha, à Séoul. Inculpée pour abus de pouvoir et extorsion, elle a été placée en détention début novembre.

"Invention" et "mensonge"

Ces révélations en cascade ont conduit depuis le mois d'octobre des dizaines de milliers de Sud-Coréens à manifester leur mécontentement dans les rues de la capitale Séoul, brandissant des bougies et clamant des slogans contre la présidente dont ils exigent le départ immédiat.

Ce mouvement populaire inédit aurait pesé sur la décision des députés de voter, vendredi 9 décembre, la destitution de Park Geun-hye. La motion a été massivement adoptée par l'Assemblée nationale par 234 voix contre 56. Cette décision prive la chef de l’État de ses vastes pouvoirs exécutifs, mais elle conserve son titre de présidente le temps que la Cour constitutionnelle valide ou non la motion. L'institution dispose pour cela de 180 jours.

Park Geun-hye a réfuté, dimanche 1er janvier, les allégations de malversation. Lors de sa première rencontre avec des journalistes depuis l’enclenchement de la procédure de destitution, la présidente sud-coréenne a affirmé avoir été "piégée". Les accusations de trafic d'influence relèvent, selon elle, de "l'invention et du mensonge".

D'après l'agence de presse Yonhap et la chaîne de télévision YTN, Park a ajouté que son amie Choi Soon-sil "n'était qu'une connaissance", qui n'avait jamais eu l'autorisation d'exercer une influence sur les affaires de l'État. Park Geun-hye, 64 ans, fille du dictateur Park Chung-hee, au pouvoir entre 1961 et 1979, pourrait devenir le premier dirigeant démocratiquement élu de Corée du Sud à être contraint de quitter le pouvoir avant la fin de son mandat en 2018.

 

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