Accéder au contenu principal

#StopChasseàlhomme : comment le hashtag de l'équipe de Fillon s'est artificiellement retrouvé en trending topics

Marlene Awaad/Bloomberg

Mercredi 1er février, un hashtag de la dernière chance pour le candidat Les Républicains a émergé sur Twitter : #StopChasseàlhomme a été mis au point par l’équipe de François Fillon.

Publicité

"Je ne comprend pas comment en étant chef digital d'un des plus grands partis de France, on puisse faire un truc aussi nul", s'interroge le spécialiste des phénomènes d'influence numérique Nicolas Vanderbiest à propos du déploiement du hashtag #StopChasseàlhomme et des méthodes utilisées par l'équipe de campagne numérique de François Fillon.

VOIR AUSSI : #StopChasseàlhomme, le hashtag tout en finesse de l’équipe de Fillon pour le défendre

Il soupire : "Tweetez tous le même message, sortez les œufs, les double comptes et Tweetdeck, personne ne le verra..."

"La manipulation, c'est faire croire que Fillon est soutenu par beaucoup de gens dans cette 'chasse à l'homme'"

Car depuis ce mercredi, pour se racheter une popularité, et surtout, polluer l'espace médiatique par autre chose que l'affaire Penelope Fillon qui fait actuellement les choux de toute la presse française, la team Fillon a choisi de réagir sur les réseaux sociaux avec une formulation coup de poing qui induit sans détour l'idée que leur candidat a été victime d'un complot.

Surtout, ce qui interloque, c'est la vitesse avec laquelle le hashtag a été propulsé dans les trending topics de Twitter. Mais pour beaucoup d'internautes alertes, il a vite été évident que bon nombre de comptes Twitter utilisant le hashtag ne correspondaient pas à de véritables internautes.

Dans le détail, Nicolas Vanderbiest a réalisé ce GIF pour expliquer l'ampleur du hashtag : 

Décidément, "tomber sur le hashtag #StopChasseàLHomme est beaucoup plus simple que de retrouver un badge d’entrée à l’Assemblée nationale", ironisait à ce sujet le site NextInpact.

Un système de botting existe bien, mais il n'est pas généralisé

Alors que l'équipe de François Fillon nous assurait ne pas avoir recours aux bots, il semble évident qu'au moins quelques comptes reliés au hashtag fonctionnent via un système de botting.

[scald=37418:article_details {"additionalClasses":""}]

Dans la part de voix du hashtag, les bots restent néanmoins minoritaires.

Sollicité par Mashable FR, Nicolas Vanderbiest nous fait pourtant remarquer que "pour faire pusher un message en trending topic, il n'y a pas que le botting : on peut par exemple introduire une dizaine de compte dans Tweetdeck et tweeter le même message sur plusieurs comptes à la même seconde".

D'autres techniques permettent de remonter dans les trending topics

"Il y a aussi, pour une cinquantaine de tweets, l'utilisation d'une plateforme : http://www.emilitants-alternance.fr. Difficile de savoir à quoi elle sert", note Nicolas Vanderbiest. Cette plateforme "permet à n’importe qui de lier son compte et de poster en un clic des contenus de propagande sélectionnés. Une sorte de 'kit à tweeter' du soutien au candidat", précise Libération.

Pour le responsable de la campagne numérique de François Fillon interrogé par Libération, la responsabilité incombe à l'Union nationale universitaire (Uni) qui "a lié des centaines de comptes à un logiciel (Outwit), dont certains sont des robots, et a tweeté automatiquement" : "Si ça ne tenait qu'à moi, je ne l'aurais pas fait", commente-t-il.

Il n'est pas arrivé dans les sujets les plus discutés pour des raisons de popularité conversationnelle

C'est sans compter les comptes ne comprenant que très peu de followers. "Ils peuvent autant être des comptes dits de 'secours' (en gros un double compte) comme des comptes de quidams", commente Nicolas Vanderbiest, qui ajoute que les militants ont très bien pu également se fixer entre eux une heure de rendez-vous "pour faire un max de bruit et atteindre les trending topics".

En l'état, il est donc difficile de dissocier ce qui pourrait émaner de l'équipe de campagne numérique de François Fillon ou de ses militants. Une chose est néanmoins certaine : le hashtag n'est pas arrivé dans les sujets les plus discutés de Twitter pour des raisons de réelle popularité conversationnelle... mais bien via des méthodes artificielles.

Dans tous les cas, "il y a un aspect manipulation", conclut le spécialiste des phénomènes d'influence numérique. Il ajoute : "Le but est de faire croire à une chasse à l'homme en montant en TT pour donner un effet 'soutenu par les gens'... alors que c'est bien l'équipe de campagne qui met tout en place".

À noter, d'ailleurs, que le Front national a lui aussi eu recours aux mêmes artifices pour faire monter le #FillonGate , #DemasquonsMacron ou encore le #JeChoisisMarine.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.