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L'Italie et l'UE vont financer les camps de migrants en Libye

Un migrant africain dans le camp de détention de Karareem, près de Misrata, en Libye, le 25 septembre 2016. Environ 300 migrants y sont détenus.
Un migrant africain dans le camp de détention de Karareem, près de Misrata, en Libye, le 25 septembre 2016. Environ 300 migrants y sont détenus. Fabio Bucciarelli, AFP

Les dirigeants de l'Union européenne ont affirmé vendredi leur soutien à un accord entre Rome et Tripoli pour financer les camps de Libye où sont retenus les candidats à la traversée de la Méditerranée. L'ONU se dit hostile au maintien de ces camps.

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L'Italie et l'Union européenne vont contribuer au financement des camps de Libye où sont retenus les candidats à la traversée de la Méditerranée, en vertu d'un accord conclu avec Tripoli. Les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne, qui étaient réunis vendredi 3 février à Malte pour une réunion informelle consacrée en partie à la crise migratoire, se sont dits prêts à soutenir le texte, signé la veille par le président du Conseil italien Paolo Gentiloni et le Premier ministre libyen Fayez Seraj.

"Si la situation reste en l'état, nous serons dans quelques semaines face à une crise humanitaire et on commencera à montrer l'Europe du doigt en affirmant qu'elle ne fait rien", a souligné vendredi le Premier ministre maltais Joseph Muscat, dont le pays assure ce semestre la présidence de l'UE. "Par cet accord, il y a une première tentative décente pour apporter une gestion des flux migratoires via le centre de la Méditerranée", a-t-il ajouté.

>> À lire : Crise des migrants : l’impossible accord UE-Libye

Les migrants seront hébergés dans les camps "jusqu'à leur expulsion ou leur retour volontaire dans leur pays d'origine" et leur gestion relèvera du ministère libyen de l'Intérieur, mais le personnel sera formé par les autorités italiennes, qui fourniront par ailleurs des médicaments et du matériel médical, disent les auteurs du texte.

Rome promet par ailleurs de soutenir fermement le gouvernement d'union nationale dirigé par Fayez Seraj, ainsi que les "institutions militaires et de sécurité" qui en dépendent. Les dirigeants européens ont pris un engagement similaire. "Alors que des centaines de personnes ont déjà perdu la vie en 2017 et que le printemps approche, nous sommes déterminés à prendre des mesures supplémentaires pour réduire considérablement les flux de migrants le long de la route de la Méditerranée centrale et pour casser le modèle économique des passeurs", écrivent les chefs d'État et de gouvernement européens dans une déclaration adoptée à Malte.

Les dirigeants européens "se fourvoient"

L'Agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) s'est dite hostile au maintien de ces camps. Selon un rapport publié en décembre, ils sont le théâtre de toute sortes d'exactions, telles que la détention arbitraire, le travail forcé, les viols et la torture. "Conserver des camps en Libye, c'est maintenir les migrants dans des conditions inhumaines et les mettre encore plus en danger", a déploré Carlotta Sami, porte-parole du HCR, interrogée par Reuters. "L'Union européenne et ses États membres doivent se rendre à l'évidence : la Libye n'est pas un pays sûr. On ne peut en aucun cas considérer cela comme une approche humaine du phénomène migratoire", a renchéri Arjan Hehenkamp, de Médecins sans Frontières (MSF).

Dans un communiqué diffusé après le sommet, MSF, présente dans plusieurs camps en Libye, a estimé que la réunion de Malte démontrait que les dirigeants européens "se fourvoient" quant à la situation en Libye. "Aujourd'hui, il ne s'agissait pas de sauver des vies ; il est évident que l'UE est prête à sacrifier des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants vulnérables afin de les empêcher d'atteindre les rivages européens", ajoute l'ONG.

Avec Reuters

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