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Bombardements répétés, électricité coupée : l'est de l'Ukraine de nouveau en état de guerre

À Avdiivka, le cessez-le-feu a volé en éclats.
À Avdiivka, le cessez-le-feu a volé en éclats. Aleksey Filippov, AFP

Au moins 9 personnes ont été tuées vendredi dans l'est de l'Ukraine dans des affrontements entre séparatistes pro-russes et Ukrainiens. L'envoyé spécial de France 24 se trouve dans la ville d'Avdiivka, épicentre des combats.

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Armée ukrainienne et rebelles pro-russes s'affrontent depuis plusieurs jours à coup de mortiers et tirs d'artillerie à Avdiivka, une ville industrielle sous contrôle de Kiev, située sur le front dans l'est de l'Ukraine, à une dizaine de kilomètres au nord du bastion rebelle de Donetsk.

Gulliver Cragg, correspondant de France 24 en Ukraine, s'est rendu sur place : "Il n'y a plus d'électricité depuis une semaine. Les combats ont détruit les pylônes et ne permettent pas aux électriciens d'accéder au site pour les réparer. Il n'y a pas d'eau courante non plus et des obus tombent régulièrement sur la ville", explique-t-il.

Au moins neuf personnes ont été tuées vendredi le long de la ligne de front dans l'est de l'Ukraine, au sixième jour d'affrontements. Les autorités ukrainiennes ont annoncé la mort au cours des dernières 24 heures de cinq soldats ukrainiens près de la ligne de front, tandis que les autorités séparatistes ont rapporté que deux civils avaient été tués par des bombardements ukrainiens à Donetsk.

Selon les forces de Kiev, une habitante et un secouriste ont aussi été tués dans les derniers combats à Avdiïvka, portant le bilan des affrontements à 34 morts depuis dimanche. Il s'agit des pires violences depuis l'instauration d'un cessez-le-feu "illimité" fin décembre et du bilan le plus lourd depuis les périodes les plus meurtrières de la guerre en 2014 et 2015.

Notre correspond note que ce samedi 4 février "le calme est revenu dans la ville", mais que "personne ne sait s'il va durer".

Accusations mutuelles

Les deux camps s'accusent mutuellement d'être à l'origine de cette flambée de violences, la première depuis l'investiture du président américain Donald Trump, qui prône un rapprochement avec la Russie accusée par Kiev et l'Union européenne de soutenir militairement les séparatistes, ce que Moscou dément.

"Il y a aujourd'hui beaucoup de spéculations qui circulent" sur l'origine des nouvelles tensions, poursuit Gulliver Cragg. "Les Russes veulent peut-être tester la réaction de la nouvelle administration américaine. L'Ukraine a peut-être provoqué les séparatistes pour rappeler que cette guerre continuait et que ce n'était pas le moment de lever les sanctions contre la Russie. Il y a autant d'opinions que de positions politiques."

Washington et Paris enjoignent Moscou à mettre fin aux violences

Lors de sa première intervention très attendue devant le Conseil de sécurité de l'ONU, l'ambassadrice des États-Unis à l'ONU Nikki Haley a affirmé jeudi vouloir "de meilleures relations avec la Russie", tout en "condamnant de manière forte et claire les agissements russes", qu'elle a qualifiés d'"actions agressives".

Le ministre français des Affaires étrangère, Jean-Marc Ayrault, a demandé quant à lui vendredi à son homologue russe Sergueï Lavrov de tout faire pour mettre fin aux combats qui ont repris dans l'est de l'Ukraine.

"Il a appelé son homologue russe à tout faire pour mettre fin à cette situation, afin de permettre, en premier lieu, de fournir une aide humanitaire aux populations civiles", lit-on dans le communiqué du Quai d'Orsay.

Le conflit entre séparatistes prorusses et armée ukrainienne a fait plus de 10 000 morts depuis son déclenchement en avril 2014, qui a suivi l'arrivée d'un gouvernement pro-occidental à Kiev et l'annexion de la Crimée par la Russie.

Avec AFP
 

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