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Volleyeuses et voilées, deux Iraniennes créent l'émoi en Bulgarie

Les joueuses de volley-ball iraniennes Maedeh Borhani et Zeinab Giveh lors d'un entrainement avec leurs coéquipières du club bulgare de Shumen, le 3 février 2017.
Les joueuses de volley-ball iraniennes Maedeh Borhani et Zeinab Giveh lors d'un entrainement avec leurs coéquipières du club bulgare de Shumen, le 3 février 2017. Nikolay Doychinov, AFP

Pour la première fois, deux joueuses de volley-ball iraniennes ont été autorisées à rejoindre un club européen. Elles ont joué samedi leur premier match en Bulgarie, où leur venue a suscité des critiques, notamment en raison de leur tenue.

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C’est une première pour des sportives iraniennes, mais aussi pour la Bulgarie. Un club de volley-ball bulgare a recruté en janvier deux joueuses professionnelles iraniennes, qui ont intégré l'effectif avec la volonté d'ouvrir la voie vers l'international à d'autres athlètes de leur pays. Elles ont joué pour la première fois, samedi 4 janvier, un match officiel avec leurs nouvelles coéquipières du club de Shumen.

Comme lorsqu'elles évoluent en équipe nationale iranienne, Maedeh Borhani, 29 ans et Zeinab Giveh, 33 ans servent, passent et smashent vêtues d'un foulard et d'une tenue couvrant bras et jambes. Le respect de cette tenue vestimentaire a été l'une des conditions pour que la fédération iranienne de volley et le ministère des Sports donnent leur feu vert à ce départ.

Les deux jeunes femmes, arrivées en Bulgarie en janvier, disent "vouloir ouvrir la voie à d'autres sportives iraniennes de talent qui souhaiteraient jouer à l'étranger".

Provocations racistes de l’équipe adverse

Pour autant, l’acceptation de leur tenue de jeu n’a pas été évidente. Alors que la Bulgarie a interdit en septembre le port du voile islamique intégral dans les lieux publics et dans un contexte de poussée du discours nationaliste liée à la crise des réfugiés, des membres d'une équipe adverse se sont livrés à des provocations en se grimant "comme des bédouins" dans des photos postées sur les réseaux sociaux.

"C'est de la taquinerie, nous ne nous sentons pas insultés", assure l’entraineur de l’équipe de YEB Shumen, Mehmed Basharan, concentré sur son objectif : hisser l'équipe, actuellement sixième du classement national, parmi les quatre premières places et accéder aux tournois européens.

Sur les réseaux sociaux bulgares, et notamment la page Facebook du parti islamophobe Pegida Bulgarie, certains commentaires insultants critiquent l’intégration de jeunes femmes voilées dans l’équipe : "Non aux tsiganes dans le sport", écrit un internaute, qui utilise le mot "tsigane" comme une insulte raciste.

"Fières d'être les premières Iraniennes à jouer en Europe"

"Nous sommes là pour jouer au volley, notre religion et ses règles ne doivent pas être un problème. Nous sommes habituées à jouer dans cette tenue", explique Maedeh Borhani.

Leur nouveau coach, qui refuse de prêter trop d'importance aux "provocations", n'est pas peu fier de son coup : il s'est offert deux joueuses de niveau international, dont la capitaine de l'équipe féminine d'Iran de volley, Zeinab Giveh, pour un prix sans comparaison avec les athlètes d'autres pays, explique-t-il.

Les deux joueuses partagent cet enthousiasme : "Nous sommes fières d'être les premières Iraniennes à jouer en Europe et à faire l'histoire de l'Iran", confie Maedeh Borhani.

>> À voir sur France 24 : "Iran : le sport, outil d'émancipation des femmes"

"La vie est facile et simple en Bulgarie, le climat est agréable, les gens très gentils", assure Zeinab. Elles disent avoir trouvé leur place dans la cité de quelque 88 000 habitants, située à moins de 100 kilomètres de la mer Noire, où vit une importante communauté turcophone et musulmane liée au passé ottoman du pays.

Avec AFP

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