POLÉMIQUE

Penelope Fillon a touché 45 000 euros d'indemnités de licenciement, selon le Canard Enchaîné

La une du Canard enchaîné daté du 8 février 2017.

Le Canard Enchaîné rapporte que Penelope Fillon, soupçonnée d'emplois fictifs comme assistante parlementaire, a touché, en deux fois, 45 000 euros d'indemnités de licenciement, payées par l'Assemblée nationale.

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Au lendemain de la contre-attaque médiatique de François Fillon pour relancer sa campagne présidentielle, le Canard Enchaîné publie de nouvelles révélations à charge contre Penelope Fillon. Selon l'hebdomadaire satirique daté du 8 février, l'épouse du candidat LR à la présidentielle a perçu en août 2002 "16 000 euros d'indemnités, soit l'équivalent de cinq mois de salaire". Or elle avait retrouvé un mois plus tôt un emploi auprès de Marc Joulaud, alors suppléant de son époux. Le journal assure qu'elle a "cumulé deux salaires durant un peu plus d'un mois".

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Ces indemnités portent sur la période 1998-2002, pendant laquelle elle a été rémunérée comme assistante parlementaire de son époux (165 686 euros net de salaires sur cette période, selon le site Internet du candidat Fillon). Mais pour le Canard, "la législation ne prévoit pas un tel niveau d'indemnités de licenciement pour un collaborateur parlementaire". 

Par ailleurs, croit encore savoir le Canard Enchaîné, lorsque François Fillon a mis fin, en novembre 2013, au dernier contrat de son épouse à l'Assemblée nationale, celle-ci a perçu "29 000 euros" d'indemnités de licenciement pour 17 mois de travail (rémunérés 65 839 euros net, selon le site Internet de François Fillon).

"Des erreurs manifestes", dénonce Fillon

Face à ces accusations, François Fillon a immédiatement réagi en publiant un communiqué intitulé "Les mensonges du Canard Enchaîné", affirmant que "les éléments publiés ce soir [...] comportent des erreurs manifestes". "Les chiffres que j'ai rendus publics lundi comprenaient bien entendu la totalité des sommes figurant sur les bulletins de paye de mon épouse, y compris les indemnités diverses de fin de contrat. Elles ont bien été prises en compte dans le calcul de son salaire moyen sur une période de 15 ans, soit 185 mois, qui s'élève bien à 3 677 euros net mensuels", a-t-il précisé.

S'agissant de la somme des "16 000 euros" évoqués par l'hebdomadaire, "elle lui a en fait été payée en juin 2002, à l'issue de 51 mois de collaboration en tant que ma collaboratrice parlementaire et s'élève exactement à 16 616,93 euros", a-t-il expliqué. "Par ailleurs, la somme reçue par Mme Penelope Fillon en novembre 2013 n'est pas de 29 000 euros, comme le prétend le Canard, mais de 7 754,02 euros, comprenant les congés payés. Il confond certainement avec une somme de 29 565,43 euros qui correspond au total du bulletin de paye du mois d'août 2007 au terme de cinq ans de collaboration avec Marc Joulaud", peut-on lire dans le communiqué.

Les indemnités de licenciement de Penelope Fillon lui ont été versées par l'Assemblée nationale comme c'est la règle, et non par François Fillon.

Un cadre normal

Interrogée par l'AFP, la première questeure de l'Assemblée Marie-Françoise Clergeau (PS) a précisé que les montants (quelque 16 000 et 29 000 euros) étaient exacts pour les fins de contrat de Penelope Fillon de 2002 et 2007 et s'inscrivent "dans le cadre normal".

Lors des fins de contrat, les collaborateurs touchent l'indemnité légale de licenciement, une indemnité supra-légale fixée par l'Assemblée en fonction d'un barème, une indemnité de préavis et enfin les éventuels congés payés non pris. Il n'y a donc pas, a-t-elle dit, d'"irrégularités" dans ces sommes.

Une centaine de collaborateurs du Sénat, de gauche et de droite, ont manifesté mardi devant l'entrée du Palais du Luxembourg pour dénoncer la précarité de leur statut en scandant "Nous ne sommes pas des Penelope".

Ils protestaient notamment contre le fait qu'à la fin du mandat du parlementaire, "le collaborateur est licencié pour motif personnel" et non pour motif économique, "c'est-à-dire que la responsabilité du licenciement pèse sur lui".

Marie, "l'incroyable bête de travail"

L'autre révélation du Canard Enchaîné concerne la fille aînée de la famille, Marie Fillon. Élu sénateur de la Sarthe en septembre 2005, François Fillon l'embauche à temps plein en octobre 2005 (jusqu'au 31 décembre 2006) comme "assistante de sénateur" pour un salaire brut mensuel de 3 800 euros. 

Or, à cette période, l'étudiante faisait son entrée à l'École de formation du barreau (EFB) en janvier 2006, comme le souligne l'hebdomadaire. En parallèle, elle entamait également un stage d'avocate payé 11 035 euros brut par an. "La petite, 23 piges à l'époque, devait être une incroyable bête de travail", commente le palmipède.

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