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Espagne : en congrès, les militants de Podemos confortent Pablo Iglesias et sa gauche de combat

89 % des militants ont reconduit Pablo Iglesias à la tête de Podemos.
89 % des militants ont reconduit Pablo Iglesias à la tête de Podemos. Pierre-Philippe Marcou, AFP

Le chef du parti espagnol de gauche radicale Podemos, Pablo Iglesias, a été largement reconduit dimanche dans ses fonctions lors d'un vote des militants tranchant un débat qui divisait le parti et l'opposait à son numéro 2 Iñigo Errejon.

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"Unidad, unidad, unidad" (unité), ont hurlé les militants dimanche 12 février en voyant apparaître ensemble au Palais des congrès de Madrid Pablo Iglesias et Iñigo Errejon, leurs deux leaders, opposés pendant des mois sur la direction que devait prendre Podemos, le parti de la gauche radicale espagnole issue du mouvement des indignés.

"Unité et humilité jusqu'à la victoire", a crié en réponse Pablo Iglesias après avoir donné une longue accolade à son numéro 2, ami et principal opposant. Lors du vote, les militants l'ont très largement réélu secrétaire général avec plus de 89 % des suffrages. Son programme a aussi été choisi par 51 % des militants, contre 34 % pour celui de son numéro deux Iñigo Errejon, et 13 % pour la troisième menée par le courant anticapitaliste de Podemos.

Frère du parti grec Syriza, Podemos est né en janvier 2014. Il a vécu jusqu'en 2016 une ascension fulgurante dans un pays traversé par une crise économique sans précédent. Désormais, troisième force politique en Espagne, Unidos Podemos, sa coalition avec l'écolo-communiste Izquierda Unida, dispose de 71 élus au Congrès des députés sur 350 et dirige, dans le cadre de plate-formes citoyennes, des villes comme Madrid ou Cadiz. Mais la guerre fratricide en son sein l'a fragilisé.

Gauche de gouvernement contre gauche de combat

Pablo Iglesias, 38 ans, et Inigo Errejon, 33 ans, tous deux professeurs de sciences politiques, défendaient deux visions très différentes de Podemos.

Le premier, qui a œuvré en faveur de l'alliance avec les écolo-communistes, a présenté un programme privilégiant le "combat dans la rue", l'alliance avec les organisations sociales qui ont réussi à rassembler des millions d'Espagnols dans les rues d'Espagne, des "marées citoyennes" pour réclamer plus de droits.

Le deuxième, qui a longtemps écrit les discours et dirigé les campagnes du premier, veut polir l'image du parti pour "faire moins peur" et attirer les électeurs socialistes : une option plus "transversale", selon lui. Errejon souhaite travailler davantage au Parlement et nouer des alliances éventuelles avec les socialistes avec lesquels Unidos Podemos peut mettre le parti conservateur en minorité au Congrès.

Ses partisans et ceux d'un troisième courant "anticapitaliste", veulent aussi une plus grande décentralisation du pouvoir, trop concentré selon eux dans les mains de Pablo Iglesias, accusé d'avoir orchestré avec son entourage des "purges" d'opposants.

Le débat a finalement a été tranchée dimanche par les 155 000 militants qui ont participé au vote. Donnant une majorité claire à la liste de Pablo Iglesias pour la direction du parti (le "conseil citoyen").

"Au moins, désormais c'est clair. Les militants ont tranché", a déclaré à l'AFP Carolina Bescansa, qui avait quitté la direction pour dénoncer ces divisions "toxiques".

"Je crois que tout le monde va finir par intégrer la nouvelle direction", avait espéré samedi après-midi dans une déclaration à l'AFP l'un des candidats de la liste de Pablo Iglesias, Alberto Gavín, âgé de 37 ans : "il est impossible d'imaginer une scission… cela serait un suicide".

Avec AFP

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