Accéder au contenu principal

Antiterrorisme : Amnesty s’inquiète du retour de "méthodes brutales" en Tunisie

Des policiers tunisiens pénètrent dans une maison dans laquelle des jihadistes ont été tués au cours d'une opération policière le 11 mai 2016, dans la ville de Mnihla, dans la région de l'Ariana.
Des policiers tunisiens pénètrent dans une maison dans laquelle des jihadistes ont été tués au cours d'une opération policière le 11 mai 2016, dans la ville de Mnihla, dans la région de l'Ariana. Fethi Belaïd, AFP

Dans un rapport publié lundi, Amnesty International exprime des inquiétudes sur les méthodes brutales utilisées en Tunisie dans le cadre de la lutte antiterroriste. Des menaces pour "les avancées obtenues" depuis la révolution de 2011, selon l'ONG.

Publicité

L’ONG Amnesty International expose, dans un rapport publié lundi 13 février, ses craintes au sujet d'une recrudescence "importante" de "méthodes brutales du passé" en Tunisie dans le cadre de la lutte antiterroriste.

La Tunisie a connu à partir de mars 2015 une série d'attaques jihadistes sanglantes qui ont fait plusieurs dizaines de morts. En réaction à ces violences, les autorités ont pris un ensemble de mesures sécuritaires dont l'état d'urgence, en vigueur depuis l'attentat contre un bus de la garde présidentielle en novembre 2015 à Tunis, dans lequel douze agents ont été tués.

Mais la menace terroriste ne justifie pas tout, met en garde Amnesty dans son rapport. En "recourant de plus en plus aux lois d'exception" et aux "méthodes brutales du passé", la Tunisie met "en péril les avancées obtenues" depuis la révolution de 2011, affirme l’ONG.

"L’interdiction de la torture ne peut être suspendue en aucune circonstance"

Pourtant des pratiques courantes sous la dictature de Zine el-Abidine Ben Ali, déchu en 2011, ont bien été exhumées du passé de la Tunisie. Amnesty écrit avoir étudié "23 cas de torture et mauvais traitements depuis janvier 2015", dont un "viol" présumé. L’ONG relève aussi que "des milliers de personnes ont été arrêtées" tandis qu'"au moins 5 000" autres "se sont vu interdire de voyager" depuis que l'état d'urgence a été réinstauré.

"Certains droits, tels que l'interdiction de la torture, ne peuvent être suspendus en aucune circonstance", argue Amnesty International. "Donner toute latitude aux organes chargés de la sécurité pour se comporter comme s'ils étaient au-dessus des lois ne permettra pas de garantir la sécurité", renchérit sa directrice des recherches pour l'Afrique du nord, Heba Morayef.

Au terme d'une mission  en Tunisie, le rapporteur de l'ONU sur les droits de l'Homme et la lutte antiterroriste, Ben Emmerson, s'est dit "préoccupé" par les conditions de détention. Il a également indiqué avoir recommandé une plus grande "vigilance" vis-à-vis de possibles cas "de torture".

Avec AFP
 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.