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Moyen-Orient

Une plainte déposée en Espagne contre neuf membres du régime syrien

© Capture d'écran France 24

Vidéo par Bertrand AGUIRRE , Constance MEYER , Rémi CADORET

Texte par Bertrand AGUIRRE , Constance MEYER , Rémi CADORET

Dernière modification : 19/02/2017

La sœur d’un homme torturé à mort par les forces du régime en Syrie a porté plainte devant la justice espagnole, une première et un espoir pour les défenseurs des droits de l’Homme. Les journalistes de France 24 sont allés à sa rencontre.

Dans sa grande tradition de justice universelle, comme ce fut le cas pour Pinochet, le génocide au Rwanda, au Tibet ou au Guatemala, la justice espagnole a accepté début février une plainte contre neuf membres des forces de sécurité et de renseignements syriens pour terrorisme d'État. Une première dans le monde.

Après les nombreux échecs à l’ONU pour saisir la Cour pénale internationale, les défenseurs des droits de l’Homme y voient un réel espoir pour que le régime syrien réponde de ses actes.

>> À lire : En Syrie, des milliers de pendaisons secrètes à la prison de Saydnaya, dénonce Amnesty

La plaignante, citoyenne espagnole d'origine syrienne, dénonce les tortures à mort infligées à son frère, détenu dans les prisons du régime, à Damas. Le cabinet Guernica 37, spécialisé dans les droits de l’Homme, a sollicité plusieurs témoins qui ont permis d’identifier les suspects, neuf membres du régime de Bachar al-Assad, des responsables hauts-placés, des subalternes et des tortionnaires, accusés de terrorisme d’État. "En Espagne, conformément à nos lois, nous pouvons poursuivre un État pour terrorisme si une victime est de nationalité espagnole", explique Maria Teresa Parejo.

Le cabinet s'est également appuyé sur les photos "exfiltrées" par César, un photographe de la police syrienne qui est sorti du pays avec plus de 55 000 documents montrant des corps décharnés et torturés entre 2011 et 2013. Sur l'une de ces photos, la plaignante a reconnu son frère de 42 ans, Amal, chauffeur routier et père de 3 enfants, disparu en 2013. C'est ainsi qu'elle a appris qu’il avait été torturé et tué : "Quand j’ai vu la photo de mon frère, seulement la tête, j’ai appelé mes enfants et mon mari et je me suis effondrée sur le sol", dit-elle. La famille de la plaignante a depuis été placée en sécurité.

Le juge en charge du dossier doit décider dans quelques jours si la plainte est recevable et si une enquête pénale peut être diligentée. Selon Amnesty International, plus de 15 000 personnes ont été torturées a mort dans les prisons du régime depuis 2011.

Première publication : 19/02/2017

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