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Mali : annulation de l'installation de l'autorité intérimaire à Kidal

Des combattants touaregs de la CMA près de Kidal, dans le nord-est du Mali, en septembre 2016.
Des combattants touaregs de la CMA près de Kidal, dans le nord-est du Mali, en septembre 2016. Stringer, AFP

Prévue samedi à Kidal, au Mali, l’installation du président de l'autorité intérimaire régionale a été annulée après que les ex-rebelles de la CMA ont changé d’avis.

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Coup de théâtre au Mali. L’installation fortement symbolique du nouveau président de l'autorité intérimaire de la région de Kidal, prévue samedi 18 février à Kidal, a été annulée à la dernière minute. Dans le bastion de l’ex-rébellion, les membres de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), qui contrôlent la région du Nord-Est, ont changé d’avis.

À l’aéroport de Bamako, les dignitaires maliens, les ambassadeurs et représentants de l’ONU et de la communauté internationale étaient prêts à embarquer pour Kidal quand la nouvelle est tombée. Un organisateur explique que le drapeau du Mali était dans les bagages, prêt à être hissé de nouveau sur la ville rebelle. Mais après une réunion de crise dans les salons VIP de l’aéroport, la délégation a annoncé l’annulation de l’évènement. Une nouvelle réunion doit avoir lieu dans l’après-midi en présence des groupes armés de la CMA et de la Plateforme pro-Bamako.

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Après un an et demi de retard dans les nominations des autorités intérimaires régionales, c’est un signal extrêmement négatif qu’envoient les ex-rebelles, déplore un membre de la médiation internationale. "Comment voulez-vous avancer avec des interlocuteurs comme ceux-là ?", lâche une autre membre de la délégation.

Rétablir l'autorité de l'État

Les conseils régionaux intérimaires, dont les présidents récemment nommés sont issus du gouvernement, de la CMA et de la Plateforme pro-Bamako, doivent rétablir l’autorité de l’État et préparer les élections, par la population, d’Assemblées dotées de pouvoirs importants. L’implication des mouvements armés, signataires des accords de paix d’Alger de 2015, a une portée fortement symbolique.

Et la voie semblait libre pour l’investiture de Hassan Ag Fagaga, membre de la CMA, désigné mercredi 15 février unanimement par les membres signataires de l’accord d’Alger. Mais un décret du conseil des ministres, publié tard vendredi soir, a changé la donne : le gouvernement malien, sous la pression du groupe armé de la Plateforme, a également nommé un nouveau gouverneur pour Kidal, Sidi Mohamed Ag Ichrach. Une décision tardive qui n'a pas plu aux ex-rebelles, qui ont donc décidé de boycotter l'investiture de ce matin.

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Les présidents des quatre autres autorités intérimaires, à Gao, Tombouctou, et dans les nouvelles régions de Ménaka et Taoudeni, doivent avoir lieu en début de semaine prochaine. Mais plusieurs mouvements ont dénoncé les nominations de présidents, dénonçant l’absence de concertation. La branche du Mouvement arabe de l'Azawad (MAA) au sein de l'ex-rébellion "rejette catégoriquement toute tentative d'imposer un président au collège transitoire" de Taoudéni, selon un communiqué de ce groupe consulté par l'AFP. Des associations et chefs de tribus de la région de Tombouctou ont adopté une position similaire.

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