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Berlinale : l'histoire d'amour hongroise "On body and soul" remporte l'Ours d'or

Avant "On body and soul", Ildiko Enyedi n'avait plus tourné de long-métrage depuis 18 ans.
Avant "On body and soul", Ildiko Enyedi n'avait plus tourné de long-métrage depuis 18 ans. Britta Pedersen, pool, AFP

Alors que tout le monde attendait le sacre d'Aki Kaurismäki, le jury de la Berlinale a décerné samedi l'Ours d'or à "On body and soul", une histoire d'amour de la cinéaste hongroise Ildiko Enyedi.

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Pour son premier long-métrage en 18 ans, la réalisatrice hongroise Ildiko Enyedi a été sacrée à la Berlinale. Le jury du festival a attribué, samedi 18 février, l'Ours d'or à son film "On body and soul", préférant cette histoire d'amour dans un abattoir au plaidoyer pour les réfugiés du Finlandais Aki Kaurismäki, pourtant grand favori.

Caméra d'or à Cannes en 1989, Ildiko Enyedi a évoqué devant la presse la situation politique "de plus en plus absurde, terriblement absurde" dans la Hongrie de Viktor Orban, avec des artistes toutefois protégés par l'organisme national de soutien du cinéma, "un havre pour les auteurs". "Nous voulions un film simple, clair comme de l'eau de roche et nous ne savions pas si le public allait nous suivre car il se voit uniquement avec un cœur empreint de générosité", a-t-elle déclaré en recevant l'Ours d'or.

"On body and soul" parle d'un homme et d'une femme se désirant mais ne parvenant pas à communiquer, sauf dans leurs rêves qu'ils partagent. Ils vont se rapprocher en évoquant leurs songes qui les emmènent loin de l'abattoir où ils travaillent.

Compassion

"Le jury est tombé amoureux de ce film, non seulement grâce à ses qualités, mais aussi car il nous rappelle un mot que nous utilisons parfois trop facilement : la compassion", a déclaré le président du jury, le cinéaste néerlandais Paul Verhoeven, qui avait souhaité voir "des films controversés" pendant les onze jours de la compétition.

Au terme d'un festival à la dimension politique assumée, le jury a décerné en lot de consolation le prix du meilleur réalisateur au finlandais Aki Kaurismäki, qui signe un nouveau plaidoyer pour les réfugiés dans "L'autre côté de l'espoir", six ans après "Le Havre". Le film parle de la rencontre entre un migrant syrien échoué à Helsinki et un restaurateur local séparé de sa femme alcoolique, qui va lui venir en aide.

Il était favori pour l'Ours d'or, aux côtés de "Una mujer fantastica" du Chilien Sebastian Lelio, récompensé pour son scénario. Ce portrait d'une femme transgenre qui doit se battre pour exister à la mort de son compagnon plus âgé, a révélé l'actrice Daniela Vega, elle-même transgenre.

Grand prix du jury pour le film africain "Félicité"

Seul film africain en compétition, "Félicité" du Franco-Sénégalais Alain Gomis a gagné le Grand prix du jury. Ce portrait d'une chanteuse de bar à Kinshasa se battant pour son fils victime d'un accident a été "difficile à faire". "Ça a été une année difficile en RD Congo", a souligné le réalisateur, évoquant les élections dans le pays.

La Berlinale a pour la première fois décerné un prix du meilleur documentaire, récompensant "Istiyad Ashbah" ("Ghost Hunting"), une expérience cinématographique en forme de thérapie collective sur le traumatisme d'anciens prisonniers palestiniens.

Avec AFP

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