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AFRIQUE DU SUD

Afrique du Sud : à Pretoria, une manifestation anti-immigrés sous haute tension

AFP
4 mn

La police sud-africaine a dispersé vendredi à Pretoria une manifestation anti-immigrés sous haute tension organisée dans la foulée d'une vague d'incidents violents qui ont ravivé le spectre des émeutes xénophobes meurtrières de 2008 et 2015.

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L’Afrique du Sud est-elle en proie à ses vieux démons ? Des centaines de Sud-Africains se sont réunis vendredi dans la capitale Pretoria pour une marche anti-immigrés qui fait suite à plusieurs journées de violence, ravivant le spectre des émeutes xénophobes et meurtrières de 2008 et 2015.

Réunies à l'appel d'un collectif d'habitants d'un township (bidonville) de Pretoria, environ 500 personnes s’étaient rassemblées dans la matinée et ont marché vers le ministère de l'Intérieur avant d’être dispersées par la police à grand renfort de balles en caoutchouc et de grenades assourdissantes et lacrymogènes.

Les forces de l'ordre se sont ensuite déployées dans ce quartier pour éviter tout incident avec des immigrés. La police a notamment repoussé une petite foule de Somaliens qui s'en est prise aux manifestants.

Depuis deux semaines, des dizaines de bâtiments occupés par des immigrants, notamment des Nigérians, soupçonnés d'abriter des maisons de passe ou du trafic de drogue, ont été brûlés par des riverains en colère à Johannesburg et à Pretoria. Ces incidents n'ont pas fait de victime mais conduit la police à renforcer sa présence et à procéder à de multiples arrestations.

>> À lire voir sur France 24 : "En Afrique du Sud, le mouvement de colère des étudiants se durcit"

"Ces violences en Afrique du Sud interviennent dans un contexte de chômage exponentiel (27,1 % des actifs étaient sans-emploi au 3e trimestre 2016, NDLR), et sont le fait d’une population très fragilisée économiquement. Cette population appauvrie des townships s’en prend aux immigrés illégaux, accusés de voler leur travail et verser dans le trafic de drogues", analyse Marianne Séverin, politologue spécialiste de l’Afrique du Sud, contactée par France 24.

"Profonde préoccupation"

Les ressortissants du Nigeria sont particulièrement ciblés par ces attaques. Jeudi, en représailles, une centaine de membres de l'Association nationale des étudiants nigérians ont défilé contre les violences dans la capitale nigériane Abuja, notamment devant les sièges des entreprises sud-africaines Multichoice (fournisseur de télévision par satellite) et MTN (téléphonie mobile).

"Tous les Sud-Africains du Nigeria doivent partir dans les 48 heures, sinon nous ne serons plus en mesure de garantir leur sécurité", a menacé leur responsable, Aruna Kadiri.

De son côté, le ministre de l'Intérieur sud-africain Malusi Gigaba a appelé "tous les Sud-Africains à prendre leurs distances avec la rhétorique ou les actions xénophobes".

Ces violences ont suscité une crise diplomatique avec le Nigeria : Abuja a convoqué jeudi l'ambassadeur sud-africain pour lui faire part de sa "profonde préoccupation" et exiger des mesures de protection des "vies et des biens des étrangers".

Violences anti-immigrants récurrentes

Les flambées de violence anti-immigrés sont récurrentes en Afrique du Sud. En 2015, sept personnes sont mortes lors de pillages visant des commerces tenus par des étrangers à Johannesburg et à Durban. En 2008, des émeutes xénophobes avaient fait 62 morts.

"Je ne pense pas que l’on s’achemine vers les violences passées, car le gouvernement a pris des mesures rapidement, en déployant la police immédiatement ce vendredi et en recevant les associations qui dénoncent l’emploi des illégaux tout en condamnant la violence", estime cependant Marianne Séverin.

Avec AFP

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