Découvertes

Cette vidéo virale de tigres chassant un drone n'est pas aussi amusante que vous le croyez

Capture d'écran, YouTube / CCTV+

On pensait regarder une vidéo amusante de tigres en train de chasser un drone. Sauf que celle-ci a été filmée dans une ferme de "vin de tigre", boisson de la médecine traditionnelle chinoise qui prête aux os des félins des propriétés guérissantes.

Publicité

Depuis le mercredi 22 février, ces images de tigres démembrant un pauvre drone font le tour du Web. Aussi insolite soit-elle, la séquence, diffusée par la chaîne chinoise CCTV+, cache en réalité une réalité bien moins amusante.

VOIR AUSSI : Dans les années 1930, la triste histoire des derniers tigres de Tasmanie

Le nom du parc où a été filmée cette scène n'est pas donnée dans la description de la vidéo. En revanche, on apprend qu'elle a été tournée dans la province chinoise de Heilongjiang. Et que trouve-t-on là-bas ? Une ferme de tigres de Sibérie d'Harbin.

Selon un rapport publié en 2013 par l'ONG Environmental Investigation Agency (EIA) sur le trafic clandestin de félins, ce site est l'un des deux plus gros complexes chinois de tigres en captivité. Selon John R. Platt, journaliste spécialisé dans les espèces menacées, les tigres de cette ferme sont "transformés en os et en vin." 

En effet, la médecine traditionnelle chinoise prête aux os de tigres des propriétés guérissantes et aphrodisiaques. C'est ainsi qu'est né le "vin de tigre" : une boisson élaborée à partir d'alcool de riz "dans lequel ont trempé pendant plusieurs mois des carcasses de tigres", raconte le site Maxisciences dans une longue enquête consacrée à ce sujet.

Le problème, c'est que le commerce des produits issus du tigre est interdit depuis 1993 par la CITES, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction.

Une ferme récidiviste

Pourtant, les fermes de tigres continuent d'élever les animaux dans le but de produire ce breuvage. En 2014, le média américain McClatchy avait visité celle d'Harbin. Lors de cette visite, les journalistes se sont aperçus que des bouteilles de "vin de tigres" étaient vendues sans que leur véritable nature ne soit mentionnée sur les étiquettes. Toujours selon McClatchy, ce sont les ventes de ces bouteilles, des peaux de tigres et des autres matières arrachées à l'animal qui financent la ferme. L'EIA avance de son côté que certains vins sont présentés comme des "vins de tigres".

En plus de ces activités illégales, la ferme d'Harbin a déjà été épinglée pour l'état d'obésité d'une partie de ces animaux. Nous sommes donc face à un établissement récidiviste qui échappe à la fermeture et ce, en dépit des demandes répétées de pays comme l'Inde ou le Royaume-Uni. Pour John R. Platt, cela est dû à la capacité de la Chine à dissimuler ses sales histoires sous le tapis. "Les médias chinois partagent souvent des vidéos mignonnes de tigres. Ce n'est que de la propragande pour cacher la réalité des fermes de tigres."

– Retrouvez l'article de Johnny Lieu sur Mashable.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire. 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine