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Aux États-Unis, on désamorce les armes chimiques de la Seconde Guerre mondiale grâce aux robots

Stocks d'armes chimiques à Pueblo, aux États-Unis.
Stocks d'armes chimiques à Pueblo, aux États-Unis. Steven D Starr, Getty Images

Depuis septembre 2016, une usine située dans le Colorado, aux États-Unis, se charge de démanteler les munitions américaines contenant du gaz moutarde. Ses employés : des robots.

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Les soldats américains qui ont usé, en pleine Guerre mondiale, de redoutables missiles chimiques étaient assurément loin de se douter que près de 70 ans plus tard, des robots se chargeraient de désarmocer ceux qui n'ont jamais explosé.

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À Pueblo, dans le sud-est du Colorado, près de 780 000 de ces munitions chimiques attendent encore d’être détruites. À l’intérieur, du gaz moutarde, particulièrement nocif. Pour en venir à bout, l’usine en charge de leur démantèlement a choisi l’option de la robotique. Près de 500 cartouches doivent y être détruites chaque jour par des bras robotiques jaunes spécialement programmés pour la tâche.

Lancée en septembre 2016, l'opération est encore en phase pilote. Le journal Ars Technica a visité l’usine où s'entrainent les ingénieurs en charge du démantèlement.

Le casse-tête des stocks "préventifs" à neutraliser

À la fin de la Seconde Guerre mondiale l’armée américaine se retrouve avec plus de 30 600 tonnes d’armes chimiques non utilisées sur les bras. Si une bonne partie des munitions est jetée à la mer aux abords de Pearl Harbor ou incinérée aux États-Unis après la guerre, 10 % de la réserve est encore stockée aux États-Unis.

Entre temps, la législation est passe par là. En 1972, le Congrès américain interdit à l’armée de se débarrasser de ses encombrantes munitions chimiques en les jetant dans l'océan. En 1997, les États-Unis ratifient une convention internationale qui les oblige à neutraliser leurs stocks d’armes chimiques. Ils n’ont plus le choix : il faut éliminer l’agent moutarde, et dans les meilleures conditions.

Impossible à déléguer aux hommes, la tâche est confiée à des robots. En 2004 débute la construction de l'usine de démantelement de Pueblo, juste à côté des dizaines de bunkers qui abritent les missiles chimiques. 

Des bras jaunes pour en venir à bout

Conçue spécialement pour désamorcer les munitions en question, l'usine de Pueblo se charge du démantèlement. Pour transporter les missiles des bunkers jusqu’à l’usine, un camion effectue le trajet de façon "extrêmement lente" et "pénible", assure le spécialiste Tom Bailey, interrogé par Ars Technica.

Une fois les munitions arrivées à l’usine, les robots prennent le relais. Pilotés par des ingénieurs à distance, deux bras robotiques baptisés Inga et Igor – en référence aux personnages du film Frankenstein – se chargent de démonter pièce par pièce les munitions en suivant le processus inverse de fabrication. Le but : à chaque étape, éviter les fuites.

À la fin de la manipulation, il ne reste plus que le cœur du missile, celui qui contient l’agent moutarde. Sous forme liquide, ce dernier est aspiré pour être détruit dans un bassin prévu à cet effet. Une fois le missile vidé, la coquille est nettoyée par les robots avec de l’eau et des bactéries. Et le tour est joué.

Avec un rythme de démantèlement de 500 cartouches par jour 24h/24, la fin de l’opération est prévue d’ici à 2020.

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