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Avec "Moonlight" et "Fences", les Oscars n'étaient plus "so white"

Le réalisateur de "Moonlight" Barry Jenkins sur scène pour recevoir l'Oscar du meilleur film à Hollywood le 26 février.
Le réalisateur de "Moonlight" Barry Jenkins sur scène pour recevoir l'Oscar du meilleur film à Hollywood le 26 février. Mark Ralston, AFP

La gaffe monumentale autour du prix du meilleur film attribué à "La La Land" au lieu de "Moonlight" a éclipsé un moment de reconnaissance pour le cinéma afro-américain.

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Avec cinq prix majeurs dans la soirée du 26 au 27 février, la 89e cérémonie des Oscars a été une nuit historique pour le cinéma afro-américain. Un événement

quasiment éclipsé par la gaffe, qui a d'abord attribué le prix du meilleur film à "La La Land" au lieu de "Moonlight".

"La cérémonie a été aussi importante que l'année où Halle Berry et Denzel Washington ont tous deux remporté les prix des meilleurs acteurs", il y a 15 ans, estime ainsi Shaun Harper, directeur du Centre sur les études raciales et la diversité à l'université USC. "J'étais vraiment ravi de voir 'Moonlight' recevoir l'attention et la reconnaissance qu'il méritait. Mais je suis malheureux, que sa victoire ait été un peu salie par l'interversion des lauréats à la fin", a-t-il ajouté, interrogé par l'AFP.

"Rien de ce qui s'est passé sur scène ne devrait faire oublier l'avancée majeure" qu'a représentée le sacre de "Moonlight", a souligné sur Twitter Keith Boykin, auteur et commentateur politique sur CNN.

>> À lire : "Oscars 2016 : Chris Rock dénonce le racisme à Hollywood dans un plaidoyer au vitriol "

"Dans une Amérique recroquevillée et que Trump gère par tweets, Hollywood sacre la diversité aux Oscars. La fin des Oscars So White ?", s'est interrogé l‘écrivain franco-congolais Alain Mabanckou, installé aux États-Unis. Ces deux dernières années, la polémique des "Oscars So White" ("Oscars trop blancs"), visant à dénoncer l’absence dans le palmarès d’acteurs ou de réalisateurs issus de la diversité, avait mis le feu à Internet. Une page s'est-elle tournée ? "Il faut attendre de voir ce qui se passera l'an prochain et encore l'année d'après", tempère Shaun Harper.

Drame poignant, "Moonlight" a coiffé au poteau la comédie musicale "La La Land" pour la statuette tant convoitée de meilleur film, en plus de récolter le prix du meilleur scénario pour le réalisateur Barry Jenkins et celui du meilleur second rôle pour Mahershala Ali. Une autre actrice afro-américaine a décroché la statuette du second rôle féminin, Viola Davis, grâce à son interprétation d'une épouse bafouée dans "Fences". Dans la catégorie des documentaires, c'est le réalisateur Ezra Edelman qui a été couronné pour son fascinant "O.J.: Made in America".

Avec AFP

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