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Fespaco : avec "Félicité", Alain Gomis bouleverse le cinéma africain

Le Fespaco est une des rares manifestations qui contribue au rayonnement mondial du Burkina Faso.
Le Fespaco est une des rares manifestations qui contribue au rayonnement mondial du Burkina Faso.

Le réalisateur franco-sénégalais Alain Gomis, grand favori de la 25e édition du Fespaco qui se tient jusqu'au 4 mars, revient avec un nouveau film, "Félicité". En 2013, le cinéaste avait remporté l'Étalon d'Or pour son film "Tey".

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Alain Gomis présente au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) son quatrième long-métrage, "Félicité". Pourtant, il n’est pas réalisateur. C’est un musicien. Un virtuose capable de composer avec les sentiments de ses acteurs comme sur une partition. "Félicité" c'est un voyage aux confins du réel, sur les rythmes enivrants de la rumba congolaise du groupe Kasaï All Stars. Un documentaire qui vous plonge dans la réalité de la mégalopole de Kinshasa. La capitale congolaise est ici promue au rôle de personnage à part entière.

Félicité porte en elle un paradoxe. Donnée pour morte à sa naissance, puis revenue à elle, sa mère lui donne le nom de Félicité pour conjurer le sort. Depuis, elle traîne dans les yeux quelque chose de brisé, de mort-né. De cet épitaphe devenu sceau de baptême, la jeune femme garde une force imperturbable, que traduit son visage impassible filmé en plan serré. Félicité reste sourde aux bruits extérieurs mais son corps sert de caisse de résonnance à ses tumultes intérieurs dévoilés le long du film.

Pourtant, sa vie bascule lorsque son fils est victime d'un accident de moto. Pour le sauver, Félicité doit réunir un million de francs congolais – qu'elle n'a pas. De ce point de départ banal dans la plupart des pays pauvres, Gomis livre une plongée dans l’abîme du système de santé congolais. Étrangement familier à tous ceux pour qui la vie est précieuse et la santé hors de prix.

"La beauté est dans la vérité"

 

Avec ce film, Alain Gomis déploie l’ampleur de son talent. Son ambition était de "faire un film qui parle de la vie de tous les jours de la majorité des gens du monde",  confie-t-il au public enthousiaste réuni dans la célèbre salle de cinéma de Ouagadougou, au Burkina Faso. Comme dans 'Tey', premier Étalon d'Or du Sénégal, le réalisateur manifeste un talent à nul autre pareil pour filmer la beauté des corps dans toute leur vérité. Et parvient à faire oublier qu'il s'agit là d'une fiction. Tel est son talent. Brouiller les imaginaires. Vous faire croire que Félicité existe. Et que si vous étiez attentif, vous pourriez entendre sa voix sur un rythme du Kasaï All Stars, dans un bar à Kinshasa. Un chant de femme trahie, désabusée mais vivante.

Quelque 164 films de tous formats sont en compétition, dont 20 longs métrages issus de 14 pays, pour la récompense suprême, l'Étalon d'or de Yennenga, qui sera décerné samedi.
 

 

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