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Sergey Kislyak, l'ambassadeur russe qui met l’équipe Trump dans l’embarras

L'ambassadeur russe à Washington Sergey Kislyak lors du discours de Donald Trump devant le Congrès américain, mardi 28 février 2017.
L'ambassadeur russe à Washington Sergey Kislyak lors du discours de Donald Trump devant le Congrès américain, mardi 28 février 2017. Brendan Smialowski, AFP

Derrière les "contacts avec Moscou" du ministre américain de la Justice Jeff Sessions et de l’ex-conseiller à la Sécurité nationale Michael Flynn, il y a un même homme : Sergey Kislyak, l’ambassadeur russe aux États-Unis.

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C’est l’homme à ne surtout pas approcher lorsqu’on appartient à l’administration Trump. Les contacts entre l’ambassadeur russe à Washington Sergey Kislyak et Michael Flynn ont coûté à ce dernier son poste de conseiller à la Sécurité nationale, moins d'un mois après son entrée en fonction. Le ministre américain de la Justice Jeff Sessions a dû, quant à lui, se récuser, jeudi 2 mars, des enquêtes en cours sur la possible influence russe sur la campagne électorale américaine pour la même raison.

Devenir aussi politiquement toxique est un comble pour l’homme de Moscou à Washington. Sergey Kislyak est en effet réputé pour sa tendance "à se montrer à la moindre occasion et parler avec tout le monde", d’après le Washington Post. Il a "cultivé un réseau de relations prestigieuses des deux côtés de l’échiquier politique américain", souligne le New York Times.

Un espion russe ?

"Je vais vous révéler un secret d’État russe : nos diplomates rencontrent beaucoup de gens avec qui ils parlent", a commenté avec sarcasme Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, jeudi 2 mars. Mais en ces temps de méfiance tous azimut envers Moscou, Sergey Kislyak se retrouve, de par sa fonction d’intermédiaire entre Washington et le Kremlin, au centre de toutes les discussions et soupçons. CNN a même affirmé, sur la foi de sources anonymes, qu’il était "l’un des principaux espions russes, chargé de recruter des agents aux États-Unis". Une accusation démentie par Moscou.

Une exposition médiatique qui ne doit pas plaire à ce diplomate de carrière. Il fuit les micros autant que possible et préfère les dîners entre gens qui comptent aux prises de paroles publiques, raconte Politico.

Sergey Kislyak est en poste à Washington depuis 2008. Mais ce Russe connaît les États-Unis depuis l’époque de la Guerre Froide. Cet ingénieur de formation est venu pour la première fois sur le sol américain au début des années 1980 pour travailler à la mission soviétique auprès des Nations unies. Il a ensuite été affecté à l’ambassade russe à Washington durant les années Gorbatchev et a participé à l’effort d’ouverture du régime soviétique de la fin des années 1980.

Poutinophile ou pas ?

Après une parenthèse en Russie d’un peu moins de 10 ans, il revient aux affaires internationales pour devenir le premier représentant russe à l’Otan entre 1998 et 2003. Il s’y distingue comme l’un des principaux spécialistes russes des questions de désarmement. Sergey Kislyak a d’ailleurs ensuite participé aux négociations russo-américaines qui aboutiront à la signature du traité New START (Strategic Arms Reduction Treaty, Traité de réduction des armes stratégiques) en 2010.

Ce diplomate a donc connu les hauts et les bas des relations américano-russes. Aux côtés de Mikhaïl Gorbatchev, il a promu la détente, puis a vécu le rapprochement entre Washington et Moscou au début du premier mandat de Barack Obama avant que les relations entre les deux pays n'entrent, à partir du retour au pouvoir de Vladimir Poutine en 2012, dans une période plus tumultueuse.

Son affiliation politique n'est de fait pas évidente à établir. "Il défend la ligne officielle de Moscou à la moindre occasion", soulignent aussi bien CNN que Politico. Mais pour le Washington Post, il ne fait pas partie des "Poutinophiles" les plus exaltés. En fin diplomate, Sergey Kislyak ne répond d’ailleurs pas lorsque CNN lui demande ce qu’il pense de la politique russe actuelle et se contente de constater que "nous vivons la pire période de nos relations bilatérales". Pour quelqu’un qui connaît la situation de l’intérieur depuis si longtemps, cet aveu en dit long.

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