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Les pro-Fillon affirment s'être déplacés au Trocadéro pour le "respect de la démocratie"

alcyone wemaëre‏ / France 24

Dimanche, place du Trocadéro, des dizaines de milliers de personnes sont venues témoigner leur soutien à François Fillon. Florilège de choses vues et entendues.

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Comme le flot de personnes autour d’elle qui s’arrête à la station Iéna, Valérie, 43 ans, presse le pas pour rejoindre la place du Trocadéro. Beaucoup d’entre eux sont venus pour écouter et soutenir le toujours-candidat de la droite et du centre (ou ce qu’il en reste), François Fillon, pour lequel une manifestation de soutien était organisée pour, selon Valeurs actuelles qui avait révélé l’information, "protester contre le coup d’Etat des juges". Sa poussette devant elle avec son enfant dedans, bonnet vissé sur la tête pour ne pas attraper froid, Valérie se dirige vers la nuée de drapeaux que l’on voit déjà au loin, flottant fièrement dans l’air, de cette fierté que le peuple de droite est venu afficher ce dimanche.

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"Le pouvoir est entre les mains du peuple", nous dit Valérie, qui comme la plupart de ceux que nous avons interrogés affirme qu’elle est venue ici "pour la démocratie". Un sentiment de rapt, qu’on lui vole son vote : voilà ce que ressentent nombre des soutiens de Fillon. "On a le droit de vote, on a le droit de choisir. C’est la démocratie qu’on veut !", répond comme en écho Elise, 59 ans, venue pour "manifester son soutien à la droite et à la démocratie". "Il a eu 4 millions de voix, et on a donné deux fois deux euros !", lâche-t-elle dans un cri d’indignation, comme si ces quatre euros lui étaient aujourd’hui dérobés.

Fierté de droite, fierté catholique

"Je veux vous faire partager ce sentiment trop souvent caché, parfois moqué, un sentiment qui pourtant devrait tous nous habiter, ici et partout dans notre beau pays : la fierté", a déclaré dans son discours le candidat de la droite. Le mot fierté s’y retrouve quatre fois. Il visait juste. Chez ces manifestants se ressent comme le besoin d’affirmer haut et fort ce qu’ils sont, et celui qu’ils ont choisi. Il y avait dans les têtes comme un écho de l’histoire gaulliste, un désir de 30 mai 1968, lorsque, après deux semaines de grève générale, celle qu’on a appelée la “majorité silencieuse” s’est révélée, la droite gagnant ensuite les élections de 1969. "La France profonde et silencieuse se réveille", lance Elise, qui a des mots très durs pour ceux qui quittent le navire : "Ils sont tous partis ses copains, comme des rats !"

La fierté, c’est aussi celle d’être catholique. Parmi les soutiens à qui nous avons parlé, tous se réclament du catholicisme, ou ont affirmé avoir manifesté contre le mariage pour tous en 2013, voire adhèrent à Sens commun, le courant de LR issu de la Manif pour tous. Et vivent mal que des analystes, journalistes, ou opposants à François Fillon pointent le réveil de la fibre identitaire, et la mise en avant dans son discours des "racines chrétiennes". "On attaque Fillon parce qu’il dit qu’il est catho. Mais nous, on n’en veut pas de la laïcité !", s’énerve Berthe, très emportée contre "ceux qui affirment qu’un couple hétéro et un couple homo, c’est pareil" et contre Vincent Peillon qui aurait dit, selon elle, que "les cathos devaient être rayés de la carte" (Une intox débugguée par Libération). Elise abonde : "On se moque de lui parce qu’il est chrétien."

Médias et justice pas très bien vus

Et "on", c’est souvent les médias, plutôt mal, voire très mal perçus par les pro-Fillon. Il faut "arrêter de faire parler les journalistes à la place du peuple", exige Valérie, qui regrette que les médias soient "très à gauche". "On entend dire en boucle dans les médias que les jeux sont faits", se désole Patrick, 67 ans. "Vos camarades cachent les informations", s’emporte Berthe. "Les médias c’est souvent eux qui font la pluie et le beau temps, c’est pas parce que c’est écrit dans les journaux que c’est vrai. Et le journaliste s’il est de gauche…", lâche Elise.

La justice aussi en prend pour son grade. "Je pense qu’elle est manipulée par le pouvoir. La commission financière a été nommée par Hollande (elle parle du parquet national financier, dont la cheffe Eliane Houlette a été nommée par Christiane Taubira en janvier 2014, ndlr). Je m’étonne que cela soit plus rapide pour Fillon que pour Cahuzac (en réalité, Cahuzac a été convoqué après 14 jours d'information judiciaire, contre 19 jours pour Fillon, ndlr). La justice fait son travail mais elle est manipulée", estime Valérie. "Les juges sont politisés" peste Elise, qui précisera plus tard n’être "pas venue pour protester contre les juges" mais absout volontiers François Fillon : "D’autres ont fait pire… S’il avait tué quelqu’un alors là oui. Et une femme qui vit avec un politique elle parle tout le temps de politique, c’est une forme de travail…"

"Mais, moi aussi je discute tous les jours de politique avec mon conjoint, ça ne vous dérangerait pas qu’on utilise de l’argent public pour le payer ?", je lui demande, pour la taquiner un peu. Et de me répondre, d’un air songeur : "Ah oui, c’est de l’argent public...".

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