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Déforestation : douze pays africains s’engagent à remplacer l’or vert par l’or bleu

Les gorilles de montagne du parc des Virunga, en RDC, sont parmi les derniers au monde. Ils sont menacés par le braconnage, la guerre et la déforestation.
Les gorilles de montagne du parc des Virunga, en RDC, sont parmi les derniers au monde. Ils sont menacés par le braconnage, la guerre et la déforestation. Roberto Schmidt, AFP

Onze pays centre-africains, ainsi que le Maroc, ont lancé jeudi, une plateforme de financement de projets visant à préserver les forêts du bassin du Congo, le deuxième "poumon écologique" du monde.

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Un pas a-t-il été franchi dans la lutte contre la déforestation en Afrique ? Douze pays africains ont lancé, jeudi 9 mars, le "Fonds bleu pour le bassin du Congo". L’initiative, portée par le président du Congo, Denis Sassou Nguesso, est l’un des grands projets pour un développement durable en Afrique présentés lors de la COP 22 de Marrakech. Les pays signataires s’engagent, dans cet accord, à œuvrer pour la conservation et la gestion durable des écosystèmes forestiers et fluviaux du bassin du Congo, deuxième "poumon vert" de la planète après l’Amazonie, peuplé d’environ 93 millions d’habitants.

L'initiative prévoit le financement de projets portant sur l’amélioration des 25 000 kilomètres de voies navigables, la construction de barrages hydro-électriques, le changement des mauvaises pratiques de pêche, le développement de l’écotourisme, l’irrigation pour l’agriculture… Le tout grâce à des subventions financières annuelles renouvelables de 100 millions d’euros, fournies par la contribution volontaire des pays signataires, de donateurs privés ou de bailleurs de fonds.

À travers ces projets, le but est "de redéfinir les bases de l'économie de la région du bassin du Congo, qui représente à lui seul 220 millions d'hectares, en passant de l'exploitation des forêts à un développement durable et innovant autour des eaux du [fleuve] Congo et de ses affluents", explique Jean-Yves Ollivier, président de la Fondation Brazzaville pour la paix et la préservation de l’environnement, à l’origine du projet porté par le président congolais. "L’or bleu" plutôt que "l’or vert", en somme, pour réduire la déforestation et la dégradation écologique du bassin.

Lutte contre les changements climatiques

Car le temps presse. La ministre congolaise de l’Économie forestière, Rosalie Matondo, prévenait, en marge de l’ouverture de la conférence ministérielle sur la création du "Fonds bleu" à Oyo (Congo), que deux tiers des forêts du bassin du Congo pourraient être perdus d’ici 2040 si rien n’est fait. En cause, notamment, l’exploitation (souvent non contrôlée) de matières premières telles que le bois, le diamant, l’or et les métaux rares.

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Greenpeace Afrique, très engagé dans la lutte contre la déforestation dans la région, n’a pas conduit d’étude sur le "Fonds Bleu" et n’a donc pas souhaité commenter à ce stade. Mais l’ONG mettait récemment en doute les affirmations officielles se félicitant des différentes initiatives qui auraient permis au bassin du Congo d’avoir un taux de déforestation très faible, soit 0,2 %.

"Certes, le taux général de déforestation dans le bassin du Congo est encore bas, mais en le comparant à des régions comme l'Amazonie et l’Indonésie, on se rend compte que le bassin du Congo est le seul bassin de forêts tropicales dans le monde où le taux annuel de variation de déforestation tend à la hausse", précise Raoul Monsembula, coordonnateur national de Greenpeace en République démocratique du Congo (RDC).

Douze pays concernés

Le président congolais laisse entendre que son initiative ira au-delà de la gestion rationnelle des forêts : "Il s’agit de passer de l’économie forestière à l’économie bleue en allant vers la stabilisation des forêts. (…) C’est un programme d’avenir pour le continent", annonçait-il à la COP 22.

Outre le Congo, les pays fondateurs du Fonds, sont l'Angola, le Burundi, le Cameroun, le Tchad, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Maroc, le Rwanda, la RDC, la Tanzanie et la Zambie.

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La plupart de ces pays se sont déjà engagés, en mars 1999 à Yaoundé, en septembre 2002 à Johannesburg puis en février 2005 à Brazzaville, à soutenir une meilleure gestion des ressources forestières de la région. Une Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac) a été créée afin de coordonner un plan d’action pour harmoniser le cadre juridique et réglementaire du secteur forestier, et pour favoriser la gestion durable des écosystèmes de la région. "À ce jour, les programmes de gestion durable n’ont été essentiellement axés que sur la forêt, alors que cet espace géographique recèle un important potentiel hydrologique et marin qui mérite également d’être valorisé", affirme un communiqué de présentation du "Fonds bleu". "L’initiative (…) constitue une action supplémentaire en faveur du climat, et qui devrait permettre aux États de la sous-région d’améliorer la gestion éco-systémique de cet espace géographique, en prenant en compte les ressources en eaux", affirme la ministre Rosalie Matondo.

"Il est temps que nous, les États africains, apprenions à compter sur nos propres moyens. Nous comptons beaucoup sur ce fonds pour résoudre certains problèmes auxquels nos États font face, notamment la désertification, la pollution des eaux", surenchérit le ministre tchadien de l’Environnement, Brah Mahamat.

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