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PAYS-BAS

Pays-Bas : une ministre turque refoulée, une manifestation pro-Erdogan dispersée

La police néerlandaise face aux manifestants pro-Erdogan le 12 mars à Rotterdam.
La police néerlandaise face aux manifestants pro-Erdogan le 12 mars à Rotterdam. Emmanuel Dunand, AFP
5 mn

Après avoir empêché la venue du chef de la diplomatie turque, les Pays-Bas ont refoulé samedi une ministre turque venue faire campagne auprès de la diaspora sur le référendum constitutionnel. Le président turc a dénoncé des "vestiges des nazis".

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Le différend entre les Pays-Bas et la Turquie s'est mué en crise diplomatique dans la soirée du 11 mars à Rotterdam. Quelques heures après avoir empêché la venue du chef de la diplomatie turque qui devait assister dans la ville portuaire à un meeting de soutien au président Erdogan, les Pays-Bas ont en effet expulsé la ministre turque de la Famille, en visite à Rotterdam.

Fatma Betül Sayan Kaya s'est vue empêcher d'entrer dans le consulat de Turquie à Rotterdam, qu'elle avait gagné par la route depuis l'Allemagne. "Le monde doit prendre position contre cet acte fasciste au nom de la démocratie ! Ce comportement contre une ministre femme est inacceptable", a reagi la ministre en annonçant son expulsion. 

Des centaines de manifestants se sont rassemblés devant le consulat de Rotterdam pour protester contre la décision. La police néerlandaise a utilisé des chiens et des canons à eau pour les disperser et plusieurs manifestants ont été frappés à coups de matraque par les forces de l'ordre, rapporte un témoin à Reuters. La police montée a chargé la foule à plusieurs reprises, tandis que des policiers à pied et des fourgons blindés entouraient le rassemblement.

À son retour en Turquie dimanche, Fatma Betül Sayan Kaya a qualifié de "lamentable" la conduite des autorités néerlandaises. "Une fois de plus, le traitement des Pays-Bas est une atteinte aux droits de l'homme et à la démocratie, ils ont réduit nos libertés, ils ont réduit nos droits de mouvement, tous nos droits ont été bafoués hier," a ajouté la ministre à l'aéroport Atatürk d'Istanbul devant une foule brandissant des drapeaux turcs.

>> À lire sur France 24 : "Annulations en série de meetings en Europe en faveur du référendum pro-Erdogan"

"Les Pays-Bas ne se laisseront pas soumettre à un chantage"

À Ankara, sitôt après que les autorités néerlandaises avaient refusé au ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, d'atterrir à Rotterdam, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait dénoncé la décision des autorités néerlandaises, y voyant des "vestiges du nazisme". Une remarque jugée "insensée" par le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte qui a ajouté : "les Pays-Bas ne se laisseront pas soumettre à un chantage". Dimanche 5 mars, il y a une semaine, le dirigeant turc avait fustigé dans les mêmes termes les autorités allemandes à la suite d'annulations similaires, s'attirant les foudres de la chancelière Angela Merkel.

Les autorités turques ont fait fermer dans la soirée de samedi l'ambassade à Ankara et le consulat des Pays-Bas à Istanbul, où des centaines de manifestants se sont également réunis contre la décision des Pays-Bas. Les résidences de l'ambassadeur néerlandais – absent de Turquie en ce moment –, du chargé d'affaires de l'ambassade et du consul général ont également été bouclées. Le ministère des Affaires étrangères turc a dit ne pas souhaiter le retour de l'ambassadeur néerlandais avant "un certain temps". Dimanche à Istanbul, des manifestants ont arraché le drapeau néerlandais au consulat des Pays-Bas.

Les ministres turcs sont en campagne en Europe pour convaincre les membres de la diaspora de voter "oui" au référendum du 16 avril sur la réforme constitutionnelle. Le projet prévoit de renforcer les prérogatives du président.

Avec AFP et Reuters

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