FRANCE

La tenue d'un meeting électoral turc à Metz critiquée à gauche comme à droite

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, participe à un meeting à Metz le 12 mars 2017.
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, participe à un meeting à Metz le 12 mars 2017. Jean-Christophe Verhaegen, AFP
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À l'inverse de plusieurs pays européens, la France a autorisé la tenue, dimanche, d'un meeting pro-Erdogan à Metz, en présence du ministre turc des Affaires étrangères. Le Quai d'Orsay a justifié le maintien de la réunion au nom de "l'État de droit".

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La participation du ministre turc des Affaires étrangères à un meeting électoral, dimanche 12 mars, dans l'est de la France, en pleine tension entre la Turquie et plusieurs pays européens, a provoqué de nombreuses critiques, provenant notamment de la droite et du Front national, alors que le gouvernement plaidait pour "l'apaisement".

Bien que, selon le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, "en l'absence de menace avérée à l'ordre public, il n'y avait pas de raison d'interdire cette réunion qui, au demeurant, ne présentait aucune possibilité d'ingérence dans la vie politique française", les critiques ont tout de même été nombreuses.

Le candidat Les Républicains (LR) à l'élection présidentielle, François Fillon, a ainsi accusé François Hollande de rompre "de manière flagrante la solidarité européenne". "Il est évident qu'une position commune aurait dû prévaloir pour gérer les demandes turques. Le gouvernement français aurait dû empêcher la tenue de ce meeting", affirme-t-il dans un communiqué.

Même condamnation du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, également candidat à la présidentielle, pour qui "le gouvernement s'est couché" devant les exigences turques. Et de la candidate du Front national (FN), Marine Le Pen : "Pourquoi devrait-on tolérer sur notre sol des propos que d'autres démocraties refusent ? Pas de campagne électorale turque en France", a-t-elle tweeté.

"Aucun dérapage ni aucune attaque contre notre démocratie"

Dimanche, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé un comportement rappelant "le nazisme et le fascisme", après le refoulement de Mevlut Cavusoglu, puis l'expulsion d'une autre ministre turque des Pays-Bas. Ce sont ces propos qui ont conduit Emmanuel Macron à souhaiter dans un communiqué que l'Union européenne (UE) réagisse "de manière unie". "Notre pays ne doit accepter sur son sol aucun dérapage ni aucune attaque contre notre démocratie, nos alliés, nos valeurs."

Europe Écologie-Les Verts (EE-LV) a dénoncé en revanche la tenue de ce meeting "qui rend la France témoin et caution du grave glissement autoritaire que connaît la Turquie actuellement".

Quant au candidat socialiste, Benoît Hamon, en déplacement en Guadeloupe, il a affirmé son "désaccord total avec la manière dont aujourd'hui la Turquie d'Erdogan veut réduire les libertés" mais a souligné l’importance de la liberté d’expression : "Le rôle de la France ça n'est pas d'interdire a priori un débat en dépit de nos désaccords avec Erdogan".

Le président turc a remercié Paris d'avoir autorisé la visite de son chef de la diplomatie, affirmant que "La France n'est pas tombée dans (le même) piège" que les Pays-Bas ou l'Allemagne.

Avec AFP

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