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La VIe République : une idée qui fait son chemin

Des membres de l'équipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon posent, mardi 14 mars 2017, à Paris, avec une affiche du défilé pour la VIe République.
Des membres de l'équipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon posent, mardi 14 mars 2017, à Paris, avec une affiche du défilé pour la VIe République. Bertrand Guay, AFP

Alors que Jean-Luc Mélenchon organise, samedi, une marche pour une VIe République, l’idée de changer les institutions progresse. Si Benoît Hamon y est favorable, sa vision diverge de celle du candidat de La France insoumise.

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Jean-Luc Mélenchon espère réunir plusieurs dizaines de milliers de personnes, samedi 18 mars, à l’occasion de sa grande marche pour la VIe République. Il y a cinq ans, déjà, ce rendez-vous avait été l’un des événements phares de sa campagne et avait rassemblé au-delà de ses seuls soutiens. Pour le candidat de La France insoumise, il faut y voir le signe d’une volonté des Français de mettre fin à "la monarchie présidentielle" que constitue selon lui la VIe République.

L’idée n’est pas nouvelle. Elle est même assez ancienne, puisque cela fait environ vingt-cinq ans que l’on en entend parler. "Elle a pris corps au début des années 1990, d’abord chez les écologistes, puis chez Mélenchon, et enfin au Parti socialiste avec Arnaud Montebourg, qui lance, en 2001, la Convention pour la VIe République", rappelle à France 24 Bastien François, professeur de sciences politiques à l’université Panthéon-Sorbonne et cofondateur de cette Convention (C6R) avec l’ancien député de Saône-et-Loire.

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À l’origine, il y a essentiellement une critique de la toute-puissance accordée par la Constitution de la Ve République au président et l’envie de basculer vers un régime parlementaire. Mais au fil des années, d’autres thématiques sont venues s’agréger : la représentativité du personnel politique, la démocratie participative, la protection de l’environnement avec l’inscription d’une "règle verte" dans la Constitution.

"La VIe République est un peu devenue un nom de code pour rassembler toutes ces aspirations, juge Bastien François. Le point commun de toutes ces idées, c’est la volonté de construire des mécanismes intéressants et efficaces pour une démocratie plus ouverte, qui respire mieux et qui cesserait d’être contrôlée par une classe politique inamovible."

La thématique des institutions présente chez tous les candidats à la présidentielle

Pour cet ancien conseiller régional Europe Écologie Les Verts d’Île-de-France, "un mouvement historique est en cours". "Lorsque nous avons lancé la C6R avec Montebourg en 2001, on nous prenait pour des illuminés et, aujourd’hui, je suis invité tous les quinze jours par des associations étudiantes pour faire des conférences sur le sujet", raconte-t-il.

"Il y a une défiance vis-à-vis des hommes politiques de plus en plus forte au sein de la population et, par conséquent, une vraie appétence des gens pour discuter de réformes démocratiques", poursuit Bastien François. Les candidats à l’élection présidentielle en ont bien conscience. En plus de Jean-Luc Mélenchon, le vainqueur de la primaire de la gauche, Benoît Hamon, propose lui aussi de passer à une VIe République.

"Ils défendent tous les deux l’idée d’un rôle plus important du Parlement mais restent assez imprécis l’un et l’autre sur ce qu’ils appellent VIe République, souligne Bastien François. Ils divergent essentiellement sur la méthode : Mélenchon a une approche qui colle bien à son discours ‘dégagiste’ et veut mettre en place dès son élection une Constituante, tandis que Hamon propose quelque chose de plus participatif et de plus positif dans l’esprit avec la mise en place d’une grande conférence qui regrouperait des parlementaires, des experts et des citoyens pour réfléchir à la question."

Jean-Luc Mélenchon propose notamment d’inscrire dans la Constitution la "règle verte" qui vise à protéger l’environnement, le droit de vote à 16 ans, le droit de révoquer les élus, la prise en compte du vote blanc, l’instauration du référendum d’initiative citoyenne.

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Benoît Hamon a, lui, mis sur la table l’idée du septennat unique du président, le 49-3 citoyen, la reconnaissance du vote blanc, la limitation du cumul des mandats dans le temps ou encore la participation des citoyens à la répartition du budget.

Quant aux autres candidats, s’ils ne promettent pas le grand soir, tous incluent désormais une rubrique "Institutions" à leur programme et reprennent à leur compte certaines propositions.

Emmanuel Macron promet, par exemple, une "démocratie rénovée", grâce à l’introduction d’une dose de proportionnelle aux élections législatives, à une limitation à trois mandats identiques successifs et à la création de jurys citoyens pour évaluer le travail parlementaire. Marine Le Pen propose, de son côté, la proportionnelle intégrale aux élections législatives et la création d’un référendum d’initiative populaire. François Fillon, enfin, propose une réduction du nombre de parlementaires à environ 400 députés et 200 sénateurs et souhaite leur donner les moyens nécessaires pour exercer leur fonction.

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