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À Pékin, les caméras de surveillance vont jusque dans les toilettes publiques

Dawn D. Hanna / Getty Images
Dawn D. Hanna / Getty Images

C’est la disette, la pénurie : le papier hygiénique manque cruellement dans l’une des toilettes publiques les plus utilisées de Pékin. Pour mettre fin à ce fléau, les autorités chinoises ont pris une décision radicale.

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Pour lutter contre le grand exode du papier, la ville de Pékin a fait appel aux nouvelles technologies : un logiciel de reconnaissance faciale a été installé. Selon le Guardian, un certain nombre de personnes, surtout âgées, venaient faire leurs stocks dans les toilettes publiques, chipant un maximum de papier pour le ramener chez eux, causant ainsi une terrible pénurie particulièrement gênante pour celui ou celle qui passe après.

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Cette époque est désormais révolue. Les usagers nécessitant du papier devront faire face à une caméra haute-définition durant trois secondes, après avoir enlevé chapeau et lunettes. Soixante centimètres de ration de papier toilette – soit huit feuilles, soyons précis – leur seront alors distribués.

Mais, pour la personne ayant un léger soucis intestinal momentané, c’est là que les choses se compliquent : il faudra attendre 9 minutes avant de récupérer à nouveau les soixante centimètres de papier espérés. Surtout, une solution radicale a été trouvée : les personnes venant trop régulièrement se verront interdites de papier hygiénique. Et resteront plantées là, incapables de finir proprement leur petite affaire.

Même aux toilettes, on nous observe

Évidemment, certaines personnes ont mal digéré cette décision. Notamment parce qu’il est perturbant d’être observé en faisant ses besoins. "Je pensais que les toilettes étaient le dernier lieu où j’avais droit à une vie privée, mais ils m’observent ici aussi maintenant", écrit un utilisateur de Weibo, l'équivalent chinois de Twitter. La police de Pékin affirme en effet que 100 % de la ville est constamment surveillée grâce à 46 000 caméras scrutées en permanence par 4 300 agents.

Dans les toilettes où la reconnaissance faciale a été installée, les autorités pékinoises ont été forcées d’engager des personnes pour expliquer le fonctionnement des machines. Quand les machines tombent en panne – ce qui semble arriver régulièrement – ces personnes été obligées de distribuer le papier manuellement. Gêne totale.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la Chine fait parler d’elle pour son rapport tumultueux avec les toilettes. Le gouvernement a récemment attribué près 270 millions de dollars pour une "révolution des toilettes", soit la rénovation des quelques 100 000 toilettes publiques dispersées dans le pays. La révolution rouge n’est pas morte ! Elle a juste un peu... changé.

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