Accéder au contenu principal
FRANCE

Matthias Fekl, nouveau ministre de l'Intérieur et élève prometteur du PS

Matthias Fekl est l'un des rares soutiens du candidat Benoît Hamon.
Matthias Fekl est l'un des rares soutiens du candidat Benoît Hamon. François Guillot, AFP
4 mn

Matthias Fekl a quitté le poste de secrétaire d'État au Commerce extérieur mercredi pour prendre les commandes de l'Intérieur et remplacer au pied levé Bruno Le Roux, démissionnaire. Il est considéré comme une étoile montante du PS.

Publicité

Depuis sa nomination au gouvernement en septembre 2014 où il était secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur et du tourisme, Matthias Fekl s'est montré plutôt discret. Pas de déclarations tonitruantes ni de tendance frondeuse, l'élu du Lot-et-Garonne, âgé de 39 ans, n'est pas du genre à sortir du rang.

Décrocher ce contrat à durée déterminée de huit semaines Place Beauvau, pour  remplacer au pied levé Bruno Le Roux, emporté par un scandale d'emplois accordés à ses filles à moins de deux mois de la fin du quinquennat Hollande, n'est toutefois pas dû au hasard. Avec cette promotion, ce bon élève jugé prometteur au sein du Parti socialiste, devrait pouvoir gagner de nouveaux galons, qui pourront lui être utiles dans les mois et les années à venir au sein de la gauche. "Je prendrai toute ma part à la reconstruction de ma famille politique", affirmait-il la semaine passée en tant que cofondateur d'un mouvement "d'idées alternatives" au PS, baptisé Movida (Mouvement pour la vie des idées et des alternatives), au côté de Thierry Mandon.

Cet ambitieux à la rondeur sage, qui laisse facilement transparaître sa sensibilité de gauche, n'a jamais caché sa préférence pour Benoît Hamon. Il a d'ailleurs rapidement intégré son équipe de campagne, afin de dessiner l'amorce de son potentiel quinquennat. Cet ex-partisan de Dominique Strauss-Kahn plaide également pour une refonte de la Ve République, arrivée selon lui "au bout du rouleau".

Du reste, le nouveau chef de la police reste méconnu. Né à Francfort d'un père allemand et d'une mère française, il a grandi à Berlin-Ouest, avant la chute du Mur. De cette enfance, s'est nourrie une soif de liberté et d'Europe. "C'est un vrai trait de caractère. C'est quelqu'un de très posé, qui ne prend jamais la parole quand il n'a rien à dire", affirme un proche à Reuters.

Celui qui cite le philosophe Henri Bergson ou l'écrivain Joseph Conrad en interview, et dit vouer une passion à Stendhal ou Stefan Zweig, poursuit son cursus en France : de l'École normale supérieure à l'ENA en passant par Sciences Po Paris. Dans le Sud-Ouest, il a décroché son brevet d'élu – adjoint au maire de Marmande, conseiller régional d'Aquitaine, et député en 2012.

Deux ans après son élection à l'Assemblée nationale, l'exécutif pense à lui pour remplacer l'éphémère Thomas Thévenoud, renvoyé neuf jours après sa nomination pour avoir omis de payer ses impôts durant plusieurs années. Ses attributions au Commerce extérieur l'ont obligé à multiplier les voyages au loin, de l'Azerbaïdjan à l'Ukraine en passant par Cuba, un pays dont il est tombé amoureux. S'y ajoutent des allers-retours réguliers dans sa circonscription d'adoption du Lot-et-Garonne.

Il rejoint le club des presque quadragénaires du gouvernement, en compagnie de Myriam El Khomri, Najat Vallaud-Belkacem, née le même jour de 1977 que lui, ou Emmanuel Macron, encore adolescents au temps du mitterrandisme finissant.
Emmanuel Macron ? "[Nous n'avons] ni le même point de vue, ni le même parcours", relève Matthias Fekl en octobre 2015 sur BFM TV et RMC Info, soulignant par là l'absence de mandat électif sur le CV du ministre de l'Économie, et par là-même son propre ancrage électoral.

Avec Reuters

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.