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Découvertes

IAM : "Les politiques vendent des idées. Nous on vend des disques et on soulève un débat"

IAM en interview pour la sortie de l'album "Rêvolution".
IAM en interview pour la sortie de l'album "Rêvolution". MASHABLE FR

Près de 30 ans après la sortie de leur première K7 "Concept", IAM continue de mener sa "Rêvolution" avec des textes engagés, sombres car réalistes mais pleins d’espoirs.

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À 50 ans, 30 ans ans de rap et huit albums collectifs derrière eux, IAM pourrait être lassé de l’exercice de la promo. Pourtant plus de trois semaines après la sortie de leur nouvel album "Rêvolution", les rappeurs marseillais continuent de rencontrer les journalistes de tous les médias français avec un seul objectif : "faire reconnaître la culture hip hop". Une culture qu’ils ont découvert un été à New York au milieu des années 1980 et qui ne les a plus quittés.

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Une révolution par la musique ?

IAM cultive depuis ses débuts l’amour des prods oldschool aux influences ethniques et des textes engagés. Et si les albums passent, les sujets d’inspiration restent les mêmes : le racisme, la précarité de la jeunesse, les écarts de richesse… Dans le morceau "Orthodoxes" de ce nouvel album, Shurik’n affirme : "Ça fait 20 ans que les choses n'ont pas bougé d'un cran". Alors les cinq Marseillais ont-ils encore espoir ? "On n’aurait jamais donné ce titre-là à l’album si on n’avait pas au moins l’espoir que les choses changent. On est tous pères. On a envie de léguer à nos enfants un pays où la liberté de parole est au rendez-vous, où on respire bien, où on mange correctement, où on a des soins, où on bénéficie d’une éducation égalitaire…", concède Akhenaton, "mais on est loin de tout ça en fait. Et au plus on entend les candidats parler à la présidentielle, au plus on est inquiets."

"Il y a 60 millions de présidents, 60 millions d’économistes, 60 millions de policiers"

Le groupe en est convaincu, la révolution peut passer par la musique. "Il y a de grosses révolutions culturelles qui passent beaucoup mieux que des révolutions violentes ou destructrices. Les révolutions qui se passent dans la violence ont toujours mal tourné pour ceux qui les ont initiées. Il n’y a qu’à voir les printemps arabes ou même 1789".

Avec leurs mots et leurs discours engagés, Akhenaton, Shurik'n, Kheops, Kephren et Imothep espèrent bien soulever le débat dans un pays où "tout le monde a à redire sur tout : il y a 60 millions de présidents, 60 millions d’entraîneurs de l’équipe nationale, 60 millions d’économistes, 60 millions de policiers". Mais ne les comparez surtout pas à des politiques : "Nous on ne vend rien dans ces idées-là, on vend des disques. Les politiques vendent des idées, ils mentent sur l’emballage et surtout sur le contenu. C’est la grosse différence entre eux et nous. Nous on ne parle pas de solutions, on fait juste un descriptif de la situation." 

Une révolution par les réseaux sociaux ?

Si eux profitent de leurs chansons et de leur popularité comme d’une tribune, d’autres se servent des réseaux sociaux pour faire passer leurs messages. Alors, une révolution peut-elle aussi s'initier sur les réseaux sociaux ? "Bien sûr, la révolution de droite et d’extrême droite est en train de passer par les réseaux sociaux. C’est ça le problème", insiste Akhenaton, "ce n’est pas les réseaux sociaux, mais c’est l’utilisation qui en est faite. Quand une société est éduquée à la téléréalité et après utilise les réseaux, eh bien on a un réseau social qui est à la mesure de ‘moi je’, ‘regardez moi’…" Et Shurik’n de mettre en garde : "L’outil est merveilleux, mais nous ce qu’on déplore c’est la mauvaise utilisation qui en est faite. Et elle prend de plus en plus d’ampleur."

Images : Faniry Andriamihaja et Lhadi Messaouden.

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