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Venezuela : le gouvernement Maduro invite la Cour suprême à revoir sa décision

La Cour suprême vénézuélienne, favorable au président Maduro, s'est octroyée les pouvoirs parlementaires.
La Cour suprême vénézuélienne, favorable au président Maduro, s'est octroyée les pouvoirs parlementaires. AFP (archives)

Le président vénézuelien a amorcé un revirement, vendredi soir, en demandant à la Cour suprême du pays de revenir sur sa décision d'ôter ses pouvoirs au Parlement. Cette mesure avait été fermement critiquée par l'opposition et à l'étranger.

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"Cette controverse est maintenant terminée", a annoncé Nicolás Maduro vendredi soir, dans une allocution télévisée. Le gouvernement a "instamment demandé", dans la nuit du vendredi 31 mars au samedi 1er avril, à la Cour suprême de revoir sa décision controversée d'assumer les pouvoirs de l'Assemblée nationale, une initiative contestée à l'étranger et que l'opposition a qualifiée cette semaine de "coup d'État".

Extrait de l'allocution de Nicolas Maduro

Convoqué par le président Nicolás Maduro, le Conseil de défense du gouvernement "a décidé (...) d'inviter instamment la Cour suprême à réexaminer les décisions 155 et 156, afin de maintenir la stabilité institutionnelle et l'équilibre des pouvoirs", a déclaré le vice-président, Tareck El Aissami.

Le chef de l'État avait annoncé un peu plus tôt vendredi qu'il espérait "avoir de très bonnes nouvelles ce soir et mettre fin à la controverse".

>> À voir sur France 24 : "Reporters - 'Venezuela, le crépuscule du chavisme' "

Prise mercredi soir, la décision de la Cour suprême de se substituer à l'Assemblée nationale, où l'opposition est majoritaire, a suscité un regain de tension dans un pays où les anti-Maduro tentent depuis des mois d'obtenir la tenue d'un référendum révocatoire visant à écourter le mandat du successeur d'Hugo Chavez.

La procureure en chef "inquiète"

Dénonçant un "coup d'État", l'opposition est descendue dans les rues vendredi et a reçu dans la journée le soutien de la procureure en chef du Venezuela, Luisa Ortega, pourtant considérée comme une proche alliée du pouvoir. En poste depuis dix ans, la magistrate est sortie de son devoir de réserve pour dénoncer la décision de la Cour suprême. "Cela constitue une rupture de l'ordre constitutionnel et j'ai l'obligation d'exprimer ma grave inquiétude pour notre pays", a-t-elle dit.

La Cour suprême soutient ne pas avoir eu d'autre choix, au motif que le Parlement ne s'est pas séparé de trois députés de l'opposition accusés d'avoir acheté des voix lors des élections législatives de 2015.

Les pressions internationales se sont également accrues. Après l'Organisation des États américains (OEA) qui avait réagi jeudi, l'Argentine a annoncé que les ministres des Affaires étrangères des pays du Mercosur se réuniraient ce samedi pour discuter de la situation au Venezuela. De Genève, le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, le Jordanien Zeid Ra'ad al Hussein, a demandé à la Cour suprême de reconsidérer sa décision. D'autres condamnations sont aussi venues des États-Unis et de l'Union européenne.

Avec Reuters

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